jeudi 28 septembre 2006

Le pouvoir et la vie

A l’occasion de la sortie du tome 3 de Le Pouvoir et la Vie (Cie12 éd.), dans lequel il livre ses souvenirs et réflexions sur l’exercice du pouvoir, Valéry Giscard d’Estaing donne de nombreux interviews dans les médias.

L’une m’a plus particulièrement intéressé – celle avec PPDA lors du 20h de TF1 du 27 septembre (consultable en intégralité pendant une quizaine de jours sur le site Vidéos de TF1 – rubrique Infos) car VGE y revient sur sa fameuse scène des adieux dont j’ai déjà parlé à la fin d’un précédent billet.


Extrait :

PPDA : Avec le recul, vous n’avez pas conscience finalement que c’était trop affecté, en tout cas plus affecté que solennel, à la limite du ridicule même ? (…)

VGE : (…) Il y avait des gens auxquels je voulais dire au revoir, que je voulais remercier. Alors, j’ai imaginé ce petit scénario qui était assez simple, qui consistait à leur dire un texte (…) puis à la fin, me lever et partir.(…) J’ai dit au caméraman: vous attendrez que je sois debout, vous me suivrez, puis j’ouvrirai la porte, et quand j’aurai fermé la porte, vous arrêterez. Mais la distance était assez longue (…) J’étais assis à 6 mètres de la porte. Le temps que j’y aille, c’était un peu long.

PPDA : Cela faisait un peu pompeux…

VGE : … cela faisait un peu pompeux. Et fermer la porte, de dos tourné, c’était à la fois un peu difficile à sentir pour certains, et un peu théâtral pour d’autres. Si c’était à refaire, je referai le même discours, mais pas le même geste.


Pour le plaisir, un extrait d’une autre interview de VGE, ce matin 28 septembre avec Jean-Pierre Elkabach sur Europe1.
VGE raconte cet épisode où, entre les deux tours de la présidentielle de 1981, il appelle lui-même en masquant sa voix ( !) la permanence de Chirac.

VGE : Quand on est au pouvoir, on ne sait rien. Vous lisez les journaux, vous écoutez les émissions (de radio). Je me disais : qu’est-ce qu’on dit aux gens, qu’est-ce qu’on leur dit de faire. Je voudrais le savoir moi même. Je demande à ma secrétaire de trouver le numéro de téléphone de la permanence [de Chirac]. (…)
J’ai appelé. Et j’ai dit : alors voilà, je suis un militant, alors qu’est-ce qu’il faut faire ? On m’a dit : il faut pas voter Giscard. Alors, j’ai pris l’air bête (…) et j’ai dit : bon alors, il ne faut pas voter Giscard, il faut s’abstenir ou ne pas aller voter ?
Mais non, vous n'avez rien compris. Il faut voter Mitterrand.

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1 commentaire:

Anonyme a dit…

Je découvre ce blog et je l'aime déjà. J'espère lire encore beaucoup de ce genre de décryptage.