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mardi 17 avril 2007

Opérations estimation et sondages sortie des urnes

Le 22 avril, dès 20 heures, alors même que des milliers d'électeurs viendront juste de mettre leur bulletin dans l'urne, les principaux médias annonceront les résultats du premier tour. Mais comment est-ce possible?

Pratiquement, deux techniques sont utilisées par les médias pour annoncer les résultats probables de l’élection.

Les opérations estimation consistent à extrapoler les résultats nationaux à partir des dépouillements effectués dans certains bureaux qui ferment à 18h ou 19 heures. Ces bureaux sont choisis en fonction des résultats des scrutins passés pour former un échantillon de bureaux représentatifs du corps électoral. Puis, en appliquant des modèles d’ajustement (pour tenir compte des différences dans l’offre politique avec les précédentes élections), on estime les résultats nationaux à partir des premiers résultats des ces bureaux. Une première estimation a lieu dès 18h30 (mais n’est pas rendue publique pour ne pas influencer les derniers votants) et est ensuite affinée au fur et à mesure de la prise en compte de suffrages supplémentaires.
La première opération estimation a été conduite en 1965 par une équipe de l’AFP, conduite par le politologue Jean-Luc Parodi, travaillant à partir des résultats d’une centaine de communes. Elle a permis d’établir dès 19 heures h50 que le Général de Gaulle obtenait de 42 à 45% des suffrages et était donc en ballottage au premier tour (1).
Les opérations d’estimation permettent généralement de bien cerner les grandes tendances du 1er tour et donnent de très bons résultats pour le 2eme tour. Mais, elles ont deux défauts. Elles sont très coûteuses, car elles mobilisent de nombreuses personnes (quatre à cinq cents pour une élection présidentielle, plus encore pour les autres élections). Elles ne donnent pas d’indications sur la composition des électorats et les motivations du vote.

C’est pourquoi les chaînes de télévision font appel, depuis 1983, à une seconde technique : les sondages sortie des urnes ( SSU).
Les SSU sont des sondages réalisés le jour même de l’élection auprès d’un échantillon d’électeurs venant de voter. Ceux-ci sont interrogés à la sortie des bureaux sur le vote qu’ils ont effectué ainsi que sur les raisons de leur choix.
Le principal avantage des SSU est de fournir des données qui vont au delà des scores obtenus par les candidats et qui permettent d’effectuer une explication à chaud du vote des Français. On peut ainsi savoir si les électeurs se sont déterminés au dernier moment ou longtemps avant le scrutin, avoir une idée du sens dans lequel une catégorie socio-professionnelle ou une classe d’âge a voté, ou encore comprendre comment se sont effectués les reports de voix entre les deux tours. Néanmoins, les données issues des SSU ne sont pas très fiables et doivent être maniées avec encore plus de prudence que les sondages sur les intentions de vote. Elles reposent sur des déclarations qui peuvent ne pas être complètement sincères. Les SSU tendent à sur-représenter les électeurs les plus politisés et les plus âgés qui répondent plus volontiers aux sollicitations des enquêteurs et à sous-représenter les électeurs peu politisés et ayant effectué peu d’études (2).
________________
(1) Mais cette information ne fut diffusée par l’AFP qu’à 21h20, le président de l’AFP, Jean Marin (gaulliste historique qui avait été l’une des voix de La France Libre sur les ondes de la BBC) ayant beaucoup hésité avant de la valider.
(2)On peut certes corriger en partie ces biais par diverses méthodes de redressement. Mais les SSU étant réalisés extrêmement rapidement, ces redressements sont sans doute encore plus imparfaits qu'ils le sont pour les sondages politiques habituels.



Ce billet est un extrait de mon ouvrage Comment devient-on président(e) de la république? Les stratégies des candidats (Robert Laffont), chapitre 7 dans lequel vous trouverez d'autres information sur les soirées électorales.


dimanche 11 mars 2007

Les sondages politiques, côté cuisine: la marge d'erreur n'existe pas

Faire un sondage disait Fédéric Bon (1), revient à goûter la soupe pour savoir si elle est trop, ou pas assez salée. Je voulais, à mon tour, mettre mon grain de sel, dans le débat sur les sondages et prolonger mon précédent billet. Mais je m’aperçois qu’on trouve ailleurs d’excellentes explications et ressources

-tout particulièrement cette page de questions-réponses sur les sondages sur le site d’IPSOS, remarquablement claire et synthétique.

- cet article de Loïc Blondiaux, paru dans Le Monde du 9 mars,

- l’émission Arrêt sur Images sur France 5 du 11 mars.

Néanmoins, puisque qu'on se demande si souvent si les sondages peuvent se tromper, je voudrais aborder le problème de la marge d'erreur dans les sondages politiques français et expliquer pourquoi

On ne connaît pas la marge d’erreur des sondages politiques

Lorsqu’on effectue un sondage sur les intentions de vote, ses résultats ne sont qu’une approximation des intentions de vote de l’ensemble des électeurs. Ainsi, avec un échantillon de 1000 individus, la théorie statistique nous dit que la marge d'erreur est à peu près de + ou - 3%, avec un intervalle de confiance de 95%. Ou, plus clairement dit, si le résultat donné par le sondage est de 47%, il y a 95 chances sur 100 pour que le "vrai" résultat soit situé entre 44 et 50%(2)

Sauf... qu’on ne peut calculer la marge d’erreur qu’à partir d’échantillons constitués aléatoirement. Or la plupart des sondages politiques français, sinon tous, sont construits selon la méthode des quotas (on construit un échantillon qui reproduit les structures socio-démographiques de l'ensemble de l'électorat), pour laquelle on ne sait pas calculer scientifiquement la marge d’erreur. Les responsables des instituts considèrent que la marge d’erreur des sondages par quotas est équivalente à celle des sondages aléatoires. Mais les statisticiens disent qu’on n’en sait rien.

Donc, dans un sens, les commentateurs n’ont pas tort d’oublier de rappeler qu’il y a une marge d’erreur, puisqu’on ne la connaît pas!

Reste à savoir pourquoi en France, à quelques exceptions près et à l’inverse de ce qui se passe dans d’autres pays européens et aux Etats-Unis, nous ne faisons pas de sondages politiques aléatoires, mais seulement des sondages selon la méthode de quotas.

Je n’ai pas trouvé de réponse précise à cette interrogation, même dans l’ouvrage de référence de Loïc Blondiaux. Mais, il me semble qu’il y a sans doute deux explications.
- La première est économique. Les sondages par quotas sont plus rapides et moins coûteux à réaliser. Comme l’explique très bien le site de l’IPSOS : « Avec l’aléatoire, les sondés ne sont pas ' interchangeables '. Cela signifie que la personne tirée au sort doit être recontactée autant de fois que nécessaire. Grâce aux quotas, il est possible de remplacer un sondé par un autre qui a les mêmes caractéristiques socio-démographiques ». Nénamoins, même avec cette contrainte, dans bien de nombreux pays, on continue à faire des sondages aléatoires.Alors pourquoi pas en France?
- Deuxième raison: pour pouvoir réaliser un sondage politique aléatoire, il faut disposer d’une base dans laquelle figurent tous les électeurs et dans laquelle on va tirer au sort des individus. Or cette base n’existe pas en France. Contrairement à d’autres pays où il y a un fichier national des électeurs, en France les listes électorales sont constitués localement par chaque commune.


(1) Bon F., Mayer N. et Brunier M.-A., Les sondages peuvent-il se tromper? Paris: Calman-Levy, 1974.
(2) On peut réduire la marge d’erreur en augmentant la taille de l’échantillon. Par exemple, si interroge 5600 personnes, la marge d'erreur ne sera plus que de + ou - 1,3%. Mais cela renchérit le coût des sondages et allonge la durée de leur réalisation.

dimanche 4 mars 2007

Le rôle et les effets des sondages sur l'élection présidentielle

Lors de chaque campagne électorale, on s’interroge rituellement (mais à juste titre) sur les sondages d’opinion. Quatre questions sont en général discutées : Les sondages sont-ils un outil fiable pour mesurer les intentions de vote ? Ne font-ils pas l'objet d’utilisations stratégiques visant à manipuler les électeurs plus qu’à les informer ? En quoi affectent-ils le déroulement de la campagne électorale ? Enfin, les sondages ont-ils des effets sur les votes des électeurs ?
Dans ce billet, je vais traiter les deux dernières questions. Et je reviendrai sur les deux autres dans un billet ultérieur.


Le rôle des sondages sur le déroulement des campagnes électorales.

Les sondages ont au moins quatre fonctions lors d’une campagne électorale.

1) Ils participent à la sélection des candidats. Les personnalités bénéficiant d’une forte popularité dans l’opinion apparaissent, aussi bien aux yeux des partis qu’à ceux de la presse, comme des candidats légitimes. En 1995, les mauvais chiffres dans les sondages d’Henri Emmanuelli ont été un des éléments qui ont incité les militants socialistes à lui préférer Lionel Jospin (après avoir attendu vainement, tout l’automne 1994, que Jacques Delors, le candidat socialiste le plus populaire dans l’opinion, se déclare). Tout comme les piètres résultats d’Alain Lipietz dans les enquêtes d’opinion de septembre 2001 ont conduit les Verts à remplacer ce candidat, qu’ils avaient pourtant investi, par Noël Mamère.

2) Ils déterminent indirectement l’accès aux médias audiovisuels. La réglementation française prévoit que, durant la pré-campagne, les médias audiovisuels doivent couvrir les candidats de façon "équitable". Comme cette notion n’a jamais été définie précisément par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), la pratique est de considérer qu’il y a équité lorsque le temps d’antenne consacré à un candidat est proportionnel à son importance politique. Et pour déterminer celle-ci, et faute de mieux, les médias audiovisuels s’appuient essentiellement pratique sur les sondages d’intention de vote.

3) Ils aident les candidats à ajuster leurs stratégies de campagnes. Grâce aux sondages (ceux publiés dans les médias ou ceux qu’ils font réaliser à titre privé), les candidats peuvent en effet mesurer l’impact de leur message dans les différentes catégories de la population et réorienter, si nécessaire, leur campagne pour corriger leurs faiblesses. C’est en s’appuyant sur des sondages qui enregistraient une baisse de popularité (notamment chez les jeunes électeurs) qu’Edouard Balladur a été amené à réorienter significativement sa campagne fin février 1995.

4) Enfin, les sondages tissent une sorte de fil rouge qui aide à suivre la dynamique de la campagne, les retombées des actes lourds des candidats ou celles des diverses péripéties du débat électoral. Ils ajoutent à la dramaturgie de la compétition présidentielle, et structurent le récit qu’en font les journalistes et observateurs en tout genre. Cet impact des sondages est souvent critiqué dans la mesure où il fait ressembler les compétitions électorales à des courses de chevaux. L’observation est juste, sauf qu’on peut se demander comment nous ferions pour mesurer la dynamique de la campagne si nous n’avions pas de sondages.


Les effets des sondages sur la vote

Comme souvent en matière d’effets communicationnels, les travaux sur le sujet n’aboutissent pas à des résultats univoques. Au moins quatre types d’effets ont été identifiés par les chercheurs en communication politique.

Il y a d’abord des effets cognitifs : les électeurs tirent des sondages des informations qu’ils utilisent pour déterminer pour quel candidat ils vont voter.
Ces effets cognitifs peuvent conduire les électeurs à une plus forte implication. C’est le cas, lorsque les sondages font apparaître l’élection comme extrêmement disputée ou indécise, ou bien lorsque à partir des résultats des sondages, des électeurs décident de pratiquer un vote stratégique (en votant non pas pour leur candidat préféré, mais pour un autre candidat politiquement proche de lui, dans l’espoir de donner une signification particulière à leur vote et/ou d’adresser un message à leur candidat préféré). Les destins contrastés des candidatures de Lionel Jospin en 1995 et 2002 illustrent bien ces deux cas de figure
Mais en sens inverse, les sondages peuvent conduire à une démobilisation ou un désengagement, soit parce qu’ils semblent indiquer que l’élection est déjà jouée, soit parce qu’ils montrent que le candidat pour lequel on aurait pu voter n’a aucune chance.

Les sondages ont aussi des effets affectifs : ils ont une influence sur les sentiments qu’on éprouve à l’égard des candidats et peuvent jouer, cette fois sur un mode plus émotionnel, sur le vote. Là encore leur influence peut être positive ou négative.
"L’effet contagion" (bandwagon), conduit certains électeurs, généralement les moins politisés, à voter comme la majorité. Ce mécanisme est assez proche de la spirale du silence décrite par Elisabeth Noelle-Neumann, suivant laquelle les personnes minoritaires dans un groupe rechignent, par peur de l’isolement social, à exprimer leur opinion personnelle, et se rangent à l’opinion dominante. Cet effet peut se retourner contre un candidat : si celui-ci commence à reculer dans les sondages, il peut y avoir un mouvement exponentiel de panique qui conduit un nombre croissant d’électeurs à l’abandonner (on parle alors de reverse bandwagaon ou d’effet Titanic).
En sens inverse, on constate parfois un effet de compassion (underdog), parfois appelé "effet Croix-rouge" : ici des électeurs vont venir au secours des candidats ayant de faibles scores dans les sondages en leur apportant leur voix, parce qu’ils estiment qu’on les a trop marginalisés et qu’ils ont droit à une représentation minimale, ou parce qu’ils considèrenet que, si un candidat est mal traité par les sondages, c’est qu’il doit avoir au fond "quelque chose de bien" (on rejoint alors une sorte de théorie du complot).

On peut encore raffiner l’analyse en distinguant les effets des sondages sur le niveau des intentions de vote ou sur les mouvements d’opinion, ou encore en tenant compte du mode de scrutin (un scrutin majoritaire fait en général apparaître des effets plus forts et plus complexes des sondages qu’un scrutin proportionnel).


Pour aller plus loin:

- Comment devient-on président(e) de la République? Les stratégies des candidats.
Chapitre 2 – Section "Les chouchous des médias et des sondages"
Chapitre 3 - Section "La connaissance des électeurs et des comportements électoraux".

- Blondiaux L., La fabrique de l'opinion. Une histoire sociale des sondages. Paris: Editions du Seuil, 1998.

- Cautrès B., "Les électeurs et les sondages". In Perrineau P. (dir.) Atlas électoral. Qui vote quoi, où, comment? Paris: Sciences-po Les Presses, 2007, pp. 119-123.

- Irwin G. A. et Van Holsteyn J. J. M. "Bandwagons, Underdogs, the Titanic, and the Red Cross. The Influence of Public Opinion Polls on Voters". Communication présentée à XVIIIth Congress of the International Political Science Association, Québec, 1-5 August, 2000.


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lundi 6 février 2006

Des sondages pour Sarko? Critigite aigüe du Canard


Dans son édition du 1er février 2006, Le Canard enchaîné, toujours (et heureusement) aussi déchaîné, épingle le CEVIPOF (le centre de recherches politiques de Sciences-po) et critique, dans un encadré en page 2 intitulé "Sondagite aigüe", les enquêtes électorales qui vont être réalisées en 2006 et 2007 par ce centre.
"A la demande de Sarkozy", écrit le Canard, "quatre enquêtes géantes seront réalisées d'ici 2007 (...). 5600 personnes devraient être intérrogées, alors que les panels classiques ne dépassent guère le millier". Plus loin, le Canard note que, si des études similaires aient été réalisées en 2002 sous Daniel Vaillant, "à l'époque, un seul sondage avait été effectué avant le premier tour".

Je n'ai pas trop l'habitude de parler de ma maison sur ce blog. Mais en voici l'occasion.

Il est tout à fait exact que le CEVIPOF va réaliser un ensemble d'enquêtes électorales d'ici l'élection présidentielle de 2007: d'abord un baromètre politique en 4 vagues, entre mars 2006 et janvier 2007, sur des échantillons nationaux et régionalisés de 5600 personnes pour chaque vague; ensuite, un panel électoral en deux vagues.

Pourquoi autant de vagues d'enquêtes?

Parce qu'il s'agit de mieux comprendre comment la conjoncture (les enjeux et la dynamique de campagne notamment) influe sur l'évolution des préférences électorales. Depuis une vingtaine d'années, on contaste en effet que les comportements électoraux sont moins conditionnés que par le passé par les clivages sociaux ou religieux. Et cette question fait l'objet d'un important débat scientifique que ces enquêtes contribueront à éclairer.

Pourquoi interroger 5600 personnes, au lieu de 1000 comme on le fait souvent?
Accroître la taille de l'échantillon permet d'abord de réduire la marge d'erreur, et donc la validité des enseignements qu'on peut tirer d'un sondage: lorsque on interroge 1000 individus, la marge d'erreur est à peu près de + ou - 3%, avec un intervalle de confiance de 95% (ou autrement dit, si le résultat donné par le sondage est de 47%, il y a 95 chances sur 100 que le "vrai" résultat soit situé entre 44 et 50%); lorqu'on interroge 5600 personnes, la marge d'erreur ne sera plus que de + ou - 1,3%.
(Si vous voulez vous amuser à calculer les marges d'erreur en fonction de la taille de l'échantillon, vous pouvez consulter ce calculateur ICI ).
Mais, il y a un avantage bien plus important. Un "gros" échantillon permet de multiplier les tris croisés et de travailler sur des sous-groupes. Avec un échantillon de 1000 individus, il est souvent difficile d'étudier en profondeur les électeurs des petits partis ou petit candidats, car il forment des groupes dont les effectifs sont trop réduits pour être significatifs. Avec un échantillon de 1000 personnes, j'aurai, par exemple, beaucoup de mal à analyser quel journal télévisé regardent les électeurs de l'extrême-gauche, car je n'aurai qu'un groupe d'une cinquantaine de personnes. Avec un échantillon de 5600 personnes, non seulement je pourrai plus rigoureusement me livrer à cet exercice, mais je pourrai également contrôler mes résultats avec d'autres variables (comme par exemple le niveau d'études).

Ces sondages sont-ils réalisés pour Sarko?
Les sondages dont il est question relèvent d'un vieux projet: celui de mener systématiquement à chaque élection française des enquêtes électorales sur le modèle des National Electoral Studies (NES) qui se pratiquent régulièrement dans de nombreux pays anglo-saxons, aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne par exemple. Ces enquêtes sont financées par les pouvoirs publics, mais réalisées en toute indépendance par des centres de recherche universitaires. Les résultats sont communiqués à l'ensemble du public, et de plus, les données sont ensuite mises à la disposition d'autres chercheurs (qui peuvent ainsi vérifier ou approfondir les analyses menées par leurs collègues ou effectuer d'autres traitements).

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