vendredi 27 janvier 2006

Le Celebrity Big Brother

Un parlementaire socialiste mimant un chat en train de lapper du lait et faisant le clown en direct sous l'oeil des caméras, cela vous étonnerait?
Alors imaginez la tête des téléspectateurs britanniques qui ont pu voir ce spectacle en regardant le Celebrity Big Brother, l'un des 10 principaux formats de télé-réalité conçus par Endemol et diffusé sur Channel 4 depuis le 6 janvier dernier.

Le parlementaire en question, c'est George Galloway, élu de Bethnal Green and Bow dans l'est de Londres, ancien membre du parti travailliste dont il a été exclu en octobre 2003 en raison de son opposition à l'intervention en Irak et à la politique de Blair, et l'un des fondateurs de la coalition socialiste plutôt radicale RESPECT.

Si George Galloway a accepté de participer au Celebrity Big brother, c'est, dit-il, pour sensibiliser les jeunes à la politique et aussi dans l'espoir de mieux faire connaître les idées de la coalition Respect."Our task is to take politics to the people", a-t-il déclaré. Manque de pot, à chaque fois que George a voulu parler de son programme politique ou de son parti, Channel 4 a interrompu le son (en raison des règles éditées par l'OFCOM, l'équivalent britannique CSA).

L'initiative n'a pas plu à tout le monde. Certains de ses collègues à la Chambre l'ont accusé de déconsidérer la fonction parlementaire. Le Parti travailliste a envoyé trois de ses militants déguisés en chat (photo AP ci-contre) pour lui livrer de la nourriture pour chat (et manière de faire de la communication politique tout en critiquant celle de l'adversaire...). Certains de ses électeurs semblent ne pas avoir apprécié, regrettent d'avoir voté pour lui et pensent qu'il devrait maintenant démissionner, comme le rapporte cet article du Guardian.

Qu'ils se rassurent: George a été éjecté du Big Brother ce 25 janvier (par 64, 7% des voix du public nous rappelle la BBC qui a couvert assidûment l'affaire). Et, à sa sortie, George a déclaré que c'était le dernier vote populaire auquel il se soumettait (sans pour autant abandonner, lui, la politique).

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1 commentaire:

François Brutsch a dit…

Amusant bien sûr, mais quand même un peu léger et complaisant; si par exemple c'était son "opposition à l'intervention en Irak et à la politique de Blair" qui avait motivé l'exclusion de Galloway par le parti travailliste, ils auraient été des dizaines de parlementaires dans le même cas... Voir aussi ce billet