L'organisation d'un scrutin comme celui de la présidentielle réclame une impressionnante logistique. Avant l'élection, des commissions électorales sont mises en place dans chaque département afin d'envoyer à chaque électeur les professions de foi et les bulletins de vote. De leur côté, les communes, après avoir mis à jour les listes électorales, doivent installer des panneaux destinés aux affiches officielles des candidats et mettre éventuellement à leur disposition des salles pour leur réunions publiques. Enfin, pour permettre à plus de 42 millions d'électeurs de voter le 22 avril, ce seront quelque 65 000 bureaux de vote qui seront ouverts et plus de 200 000 personnes qui seront mobilisées. Au total, un scrutin comme celui de la présidentielle coûte plus de 200 millions d'euros à la collectivité, un montant qui globalement peut paraître considérable, mais qui, par électeur, représente un coût de moins de 5 euros.
Pour faire le point sur les modalités pratiques et organisationelles du vote, un colloque "Un dimanche au bureau de vote" est organisé le 5 avril par le Centre d'analyse stratégiques, organisme rattaché au Premier ministre: "de la mobilisation de l’administration communale au problème de la mal-inscription sur les listes électorales, en passant par l’expérimentation de nouvelles façons de voter", il proposera les analyses et réflexions de chercheurs, d' acteurs politiques, de militants associatifs et de responsables administratifs.
A noter tout particulièrement la session "L'accès au bureau de vote" durant laquelle interviendra Olivier Ihl qui traitera des rituels du vote ainsi que la session "Expérimenter" durant laquelle on parlera du vote électronique.
En 2007, environ 1 million d'électeurs votera sur des machines à voter (le vote par internet restant exclu en france), et cela suscite pas mal de remous. (Je reviendrai sur ce sujet dans un prochain billet).
Pour assister au colloque, il faut s'inscrire auprès de Nathalie Guichard avant le 26 mars.
Plus sur le coût de l'élection présidentielle: CDPR? chapitre 8, p. 209-231.
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Deux autres événements intéressants:
28 mars de 8h30 à 10h (auto-pub): Débat autour du livre Comment devient-on président(e) de la République, en présence de l'auteur avec Jacques Gerstlé (Université de Paris 1), Patrick Jarreau (Le Monde) et Philippe Lapousterle (conseiller communication de François Bayrou).
au CEVIPOF, 98 rue de l'Université, 75007 Paris. (Invitation ICI)
29 mars: Journée d'étude sur "Les campagnes électorales de 1848 à nos jours", organisée au Sénat par le Comité d'Histoire parlementaire et politique (CHPP). Insrciption obligatoire auprès de Ludivine Vanthournout
jeudi 15 mars 2007
Un dimanche au bureau de vote
mardi 13 mars 2007
Tout va très bien, Madame Royal: langue de bois ou erreur cognitive?
Etonnant entreien de Jean-Louis Bianco, co-directeur de la campagne de Ségolène Royal, dans Le Journal du Dimanche du 11 mars (et dont on trouvera des extraits ICI à partir d'une dépêche AP - l'article n'étant pas en ligne sur le site du JDD).
En substance: tout va très bien. Inutile d'infléchir, en fonction des derniers développements de la campagne et des indications des sondages, la stratégie de Ségolène Royal. Son message passe d'ailleurs très bien et "il n'y a jamais eu autant de monde dans les meetings et réunions publiques", (ce qui est sans doute vrai et s'observe pour tous les candidats car, cette année, l'intérêt pour la campagne est nettement plus fort qu'en 2002). Enfin, Jean-Louis Bianco nie que certains électeurs socialistes puissent être séduits par François Bayrou, estimant que les médias ont créé "un effet de loupe et l'ont mis à la mode".
Je ne sais pas comment il faut lire cet entretien. Comme une illustration de la langue de bois, cette parole rigidifiée qui "scotche" les reponsables politiques à la ligne officielle de leur parti et les empêche de dire ce qu'ils pensent vraiment.
Ou, et c'est sans doute pire, comme la résultante d'une erreur cognitive, c'est à dire d'une incapacité à s'affranchir du schéma qu'on a adopté pour interpréter le monde qui nous entoure, ce qui du coup empêche de (sa)voir ce qui se passe vraiment. On reste prisonnier du cadre initial et on est incapable de percevoir ce qui n'est pas dans le cadre. (Par exemple, pour comprendre le dessin d'une main qui dessine une main il faut sortir du cadre et se rendre compte qu'il y a une troisième main, celle la personne "réelle" qui a dessiné ces deux mains).
En 2002, les socialistes avaient déjà été victimes d'une erreur cognitive particulière: la pensée en tunnel. Lionel Jospin et son équipe étaient tellement sûrs d'être au second tour qu'ils étaient aveugles aux événements conditionnant le premier tour. Ils ne voyaient que le bout du tunel (la campagne après le 1er tour) et ne voyaient pas ce qu'il y avait dans le tunnel (la campagne du 1er tour).
Plus sur ce sujet: CDPR?, chapitre 3
dimanche 11 mars 2007
Les sondages politiques, côté cuisine: la marge d'erreur n'existe pas
Faire un sondage disait Fédéric Bon (1), revient à goûter la soupe pour savoir si elle est trop, ou pas assez salée. Je voulais, à mon tour, mettre mon grain de sel, dans le débat sur les sondages et prolonger mon précédent billet. Mais je m’aperçois qu’on trouve ailleurs d’excellentes explications et ressources
-tout particulièrement cette page de questions-réponses sur les sondages sur le site d’IPSOS, remarquablement claire et synthétique.
- cet article de Loïc Blondiaux, paru dans Le Monde du 9 mars,
- l’émission Arrêt sur Images sur France 5 du 11 mars.
Néanmoins, puisque qu'on se demande si souvent si les sondages peuvent se tromper, je voudrais aborder le problème de la marge d'erreur dans les sondages politiques français et expliquer pourquoi
On ne connaît pas la marge d’erreur des sondages politiques
Lorsqu’on effectue un sondage sur les intentions de vote, ses résultats ne sont qu’une approximation des intentions de vote de l’ensemble des électeurs. Ainsi, avec un échantillon de 1000 individus, la théorie statistique nous dit que la marge d'erreur est à peu près de + ou - 3%, avec un intervalle de confiance de 95%. Ou, plus clairement dit, si le résultat donné par le sondage est de 47%, il y a 95 chances sur 100 pour que le "vrai" résultat soit situé entre 44 et 50%(2)
Sauf... qu’on ne peut calculer la marge d’erreur qu’à partir d’échantillons constitués aléatoirement. Or la plupart des sondages politiques français, sinon tous, sont construits selon la méthode des quotas (on construit un échantillon qui reproduit les structures socio-démographiques de l'ensemble de l'électorat), pour laquelle on ne sait pas calculer scientifiquement la marge d’erreur. Les responsables des instituts considèrent que la marge d’erreur des sondages par quotas est équivalente à celle des sondages aléatoires. Mais les statisticiens disent qu’on n’en sait rien.
Donc, dans un sens, les commentateurs n’ont pas tort d’oublier de rappeler qu’il y a une marge d’erreur, puisqu’on ne la connaît pas!Reste à savoir pourquoi en France, à quelques exceptions près et à l’inverse de ce qui se passe dans d’autres pays européens et aux Etats-Unis, nous ne faisons pas de sondages politiques aléatoires, mais seulement des sondages selon la méthode de quotas.
Je n’ai pas trouvé de réponse précise à cette interrogation, même dans l’ouvrage de référence de Loïc Blondiaux. Mais, il me semble qu’il y a sans doute deux explications.
- La première est économique. Les sondages par quotas sont plus rapides et moins coûteux à réaliser. Comme l’explique très bien le site de l’IPSOS : « Avec l’aléatoire, les sondés ne sont pas ' interchangeables '. Cela signifie que la personne tirée au sort doit être recontactée autant de fois que nécessaire. Grâce aux quotas, il est possible de remplacer un sondé par un autre qui a les mêmes caractéristiques socio-démographiques ». Nénamoins, même avec cette contrainte, dans bien de nombreux pays, on continue à faire des sondages aléatoires.Alors pourquoi pas en France?
- Deuxième raison: pour pouvoir réaliser un sondage politique aléatoire, il faut disposer d’une base dans laquelle figurent tous les électeurs et dans laquelle on va tirer au sort des individus. Or cette base n’existe pas en France. Contrairement à d’autres pays où il y a un fichier national des électeurs, en France les listes électorales sont constitués localement par chaque commune.
(1) Bon F., Mayer N. et Brunier M.-A., Les sondages peuvent-il se tromper? Paris: Calman-Levy, 1974.
(2) On peut réduire la marge d’erreur en augmentant la taille de l’échantillon. Par exemple, si interroge 5600 personnes, la marge d'erreur ne sera plus que de + ou - 1,3%. Mais cela renchérit le coût des sondages et allonge la durée de leur réalisation.
Thèmes : Sondages
mardi 6 mars 2007
Stratégies de campagne
Petit retour sur les stratégies de campagne menées jusqu'ici par les 4 "grands" candidats.
Une stratégie de campagne c'est la combinaison de trois types d'activités - politiques (ou programmatiques), communicationnelles et logistiques - autour d'un candidat. Pour analyser les stratégies des candidats, il faut autant examiner les actions qu'ils ont engagées dans chaque domaine que leur capacité à les coordonner.
La machine Sarkozy et ses fragilités
De ce point de vue, c'est sans doute la campagne de Nicolas Sarkozy qui, jusqu'à présent, peut le plus impressionner. Son appareil de campagne apparaît bien outillé sur le plan programmatique et fonctionne bien sur le plan logistique (les relations entre les trois pôles sur lesquels Nicolas Sarkozy s'appuie - le ministère de l'Intérieur, l'UMP et son équipe de campagne - étant plutôt harmonieuses).
NS est surtout particulièrement offensif en matière de communication : forte occupation de l'espace médiatique par la multiplication d'événements et de déclarations qui fournissent régulièrement de la matière fraîche aux journalistes ; réactivité aux initiatives de ses adversaires grâce à un suivi constant de l'actualité assuré par une cellule de veille ; déclinaison coordonnée et répétée du message du candidat par un groupe de porte-paroles et de parlementaires, suivant le principe du « stay on message » appliqué dans les campagnes de Tony Blair. La stratégie de Nicolas Sarkozy illustre bien les évolutions de la communication politique moderne : centralisation des actions, spécialisation des rôles, et professionnalisation des compétences.
On a néanmoins assez peu relevé le changement de cap opéré fin décembre par le candidat de l'UMP. Durant une grande partie de l'année 2006, Nicolas Sarkozy a axé son message sur le thème de la rupture et de « la France d'après » et pris des positions en décalage avec la tradition gaulliste. Il s'agissait sans doute de désamorcer préventivement les attaques menées sur le bilan du gouvernement auquel il appartient (point sur lequel ont souvent achoppé les premiers ministres en fonction qui se sont présentés à l'élection présidentielle). Depuis janvier, Nicolas Sarkozy a amendé son programme et retenu un slogan moins flamboyant. Cette réorientation, sans doute nécessaire pour assurer la cohésion politique de l'UMP et rassurer certaines parties de son électorat, témoigne d'une grande capacité d'adaptation. Mais elle a aussi brouillé quelque peu le message de Nicolas Sarkozy et on aperçoit désormais moins bien l'axe majeur qui structure sa campagne.
L'autre fragilité de NS, c'est le risque d'usure. La machine tourne à plein depuis de nombreux mois et on a parfois le sentiment que le candidat nous a déjà presque tout dit.
Ségolène Royal: une erreur cognitive?
Par contraste, la stratégie de Ségolène Royal est apparue plus hésitante. L'équipe de campagne a rencontré au moins trois problèmes.
Le plus manifeste est un manque de coordination entre l'état-major de la candidate socialiste et l'appareil du PS. Les ressources de ce dernier n'ont pas été suffisamment mises à profit, d'où une tendance à la démobilisation chez de nombreux responsables, militants et experts socialistes, sans compter quelques dysfonctionnements dans l'organisation matérielle de la campagne.
Deuxième difficulté : la temporalité lente de campagne choisie par Ségolène Royal s'est heurtée à la temporalité plus rapide des médias. Alors que la candidate socialiste était toujours dans une phase d'écoute, les médias étaient déjà passés dans une phase de comparaison et d'évaluation des programmes. D'où un sentiment d'absence de projet de la part de Ségolène Royal.
Enfin, on peut être surpris par la communication peu offensive de l'équipe de campagne de Ségolène Royal. Celle-ci s'est surtout attachée à se défendre contre les attaques - par exemple après sa déclaration sur le Québec, ou sur le coût de son programme après le discours de Villepinte - plus qu'à questionner les positions de ses adversaires.
Plus généralement, on a l'impression que l'équipe de Ségolène Royal est restée prisonnière des schémas cognitifs de ses précédentes victoires électorales (les régionales de mars 2004 et les primaires du PS en novembre 2006) et n'a pas pris toute la mesure de la complexité et de la dimension conflictuelle du nouvel environnement politique dans lequel elle devait opérer. Comme si le changement d'échelle qu'impliquait la campagne présidentielle n'avait pas été bien perçu, ainsi qu'en atteste le sous-dimensionnement initial de l'équipe de campagne de Ségolène Royal.
La réorganisation de l'équipe de campagne intervenue fin février s'efforce de répondre à ces difficultés. Symboliquement, elle témoigne de la capacité de Ségolène Royal à réaliser les compromis nécessaires et est de nature à remobiliser l'électorat de gauche. Opérationnellement, Ségolène Royal pourra s'appuyer sur des leaders socialistes expérimentés et capables de décliner plus offensivement son message.
Bayrou: l'image de l'homme tranquille
Comme on le sait, François Bayrou a su s'insérer dans le débat électoral en questionnant l'indépendance des médias. Par delà la réalité du problème et les convictions sincères du candidat centriste sur le sujet, cette stratégie s'est avérée habile : elle a contribué le distinguer de ses adversaires mais aussi à capter l'attention des médias en jouant à la fois de leur tendance au narcissisme et de la concurrence nouvelle entre les médias traditionnels et un Internet, supposé plus émancipé.
Ce qui me frappe dans la stratégie de François Bayrou, ce n'est pas tant les innovations dans son dispositif de campagne, au demeurant plus modeste que celui de ses adversaires et traditionnellement assez décentralisé, ou la nouveauté radicale de son discours (qui s'inscrit dans la tradition idéologique du centre droit) que la maturité de l'homme. Comme François Bayrou le répète lui-même, il a changé. On note chez lui une sorte de sérénité, qui lui permet d'avoir une relation plus paisible avec les médias et donne plus de force à son message.
Ce qui nous rappelle combien l'expérience compte dans une élection présidentielle. On a beau sophistiquer l'outillage des campagnes ou concevoir des stratégies de communication complexes, c'est aussi à partir de la personnalité du candidat que se construit une campagne.
La campagne traditionnelle de Le Pen
Quant à la stratégie de campagne de Jean-Marie Le Pen, elle peut apparaître plus souterraine, si on se fie à l'écho qu'en donnent les médias. Ceci est peut-être dû au fait que le Front national concentre pour l'instant ses énergies sur la collecte des parrainages (à laquelle il a déclaré consacrer un budget d'1 million d'euros).
Après un engagement tonitruant avec une série de 6 affiches, le candidat n'en continue pas moins de faire une campagne, qu'on peut qualifier de traditionelle, selon deux axes : en tenant régulièrement des meetings en province qui lui permettent de délivrer de grands discours programmatiques et de mobiliser ses sympathisants les plus engagés, toujours friands des prestations oratoires du chef ; en apparaissant régulièrement à la télévision, médium traditionnellement favorisé par le candidat du Front national car c'est celui qui lui permet de toucher le mieux son électorat.
Ce texte est extrait d'un entretien publié sur le site de l'IFOP.
dimanche 4 mars 2007
Le rôle et les effets des sondages sur l'élection présidentielle
Lors de chaque campagne électorale, on s’interroge rituellement (mais à juste titre) sur les sondages d’opinion. Quatre questions sont en général discutées : Les sondages sont-ils un outil fiable pour mesurer les intentions de vote ? Ne font-ils pas l'objet d’utilisations stratégiques visant à manipuler les électeurs plus qu’à les informer ? En quoi affectent-ils le déroulement de la campagne électorale ? Enfin, les sondages ont-ils des effets sur les votes des électeurs ?
Dans ce billet, je vais traiter les deux dernières questions. Et je reviendrai sur les deux autres dans un billet ultérieur.
Le rôle des sondages sur le déroulement des campagnes électorales.
Les sondages ont au moins quatre fonctions lors d’une campagne électorale.
1) Ils participent à la sélection des candidats. Les personnalités bénéficiant d’une forte popularité dans l’opinion apparaissent, aussi bien aux yeux des partis qu’à ceux de la presse, comme des candidats légitimes. En 1995, les mauvais chiffres dans les sondages d’Henri Emmanuelli ont été un des éléments qui ont incité les militants socialistes à lui préférer Lionel Jospin (après avoir attendu vainement, tout l’automne 1994, que Jacques Delors, le candidat socialiste le plus populaire dans l’opinion, se déclare). Tout comme les piètres résultats d’Alain Lipietz dans les enquêtes d’opinion de septembre 2001 ont conduit les Verts à remplacer ce candidat, qu’ils avaient pourtant investi, par Noël Mamère.
2) Ils déterminent indirectement l’accès aux médias audiovisuels. La réglementation française prévoit que, durant la pré-campagne, les médias audiovisuels doivent couvrir les candidats de façon "équitable". Comme cette notion n’a jamais été définie précisément par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), la pratique est de considérer qu’il y a équité lorsque le temps d’antenne consacré à un candidat est proportionnel à son importance politique. Et pour déterminer celle-ci, et faute de mieux, les médias audiovisuels s’appuient essentiellement pratique sur les sondages d’intention de vote.
3) Ils aident les candidats à ajuster leurs stratégies de campagnes. Grâce aux sondages (ceux publiés dans les médias ou ceux qu’ils font réaliser à titre privé), les candidats peuvent en effet mesurer l’impact de leur message dans les différentes catégories de la population et réorienter, si nécessaire, leur campagne pour corriger leurs faiblesses. C’est en s’appuyant sur des sondages qui enregistraient une baisse de popularité (notamment chez les jeunes électeurs) qu’Edouard Balladur a été amené à réorienter significativement sa campagne fin février 1995.
4) Enfin, les sondages tissent une sorte de fil rouge qui aide à suivre la dynamique de la campagne, les retombées des actes lourds des candidats ou celles des diverses péripéties du débat électoral. Ils ajoutent à la dramaturgie de la compétition présidentielle, et structurent le récit qu’en font les journalistes et observateurs en tout genre. Cet impact des sondages est souvent critiqué dans la mesure où il fait ressembler les compétitions électorales à des courses de chevaux. L’observation est juste, sauf qu’on peut se demander comment nous ferions pour mesurer la dynamique de la campagne si nous n’avions pas de sondages.
Les effets des sondages sur la vote
Comme souvent en matière d’effets communicationnels, les travaux sur le sujet n’aboutissent pas à des résultats univoques. Au moins quatre types d’effets ont été identifiés par les chercheurs en communication politique.
Il y a d’abord des effets cognitifs : les électeurs tirent des sondages des informations qu’ils utilisent pour déterminer pour quel candidat ils vont voter.
Ces effets cognitifs peuvent conduire les électeurs à une plus forte implication. C’est le cas, lorsque les sondages font apparaître l’élection comme extrêmement disputée ou indécise, ou bien lorsque à partir des résultats des sondages, des électeurs décident de pratiquer un vote stratégique (en votant non pas pour leur candidat préféré, mais pour un autre candidat politiquement proche de lui, dans l’espoir de donner une signification particulière à leur vote et/ou d’adresser un message à leur candidat préféré). Les destins contrastés des candidatures de Lionel Jospin en 1995 et 2002 illustrent bien ces deux cas de figure
Mais en sens inverse, les sondages peuvent conduire à une démobilisation ou un désengagement, soit parce qu’ils semblent indiquer que l’élection est déjà jouée, soit parce qu’ils montrent que le candidat pour lequel on aurait pu voter n’a aucune chance.
Les sondages ont aussi des effets affectifs : ils ont une influence sur les sentiments qu’on éprouve à l’égard des candidats et peuvent jouer, cette fois sur un mode plus émotionnel, sur le vote. Là encore leur influence peut être positive ou négative.
"L’effet contagion" (bandwagon), conduit certains électeurs, généralement les moins politisés, à voter comme la majorité. Ce mécanisme est assez proche de la spirale du silence décrite par Elisabeth Noelle-Neumann, suivant laquelle les personnes minoritaires dans un groupe rechignent, par peur de l’isolement social, à exprimer leur opinion personnelle, et se rangent à l’opinion dominante. Cet effet peut se retourner contre un candidat : si celui-ci commence à reculer dans les sondages, il peut y avoir un mouvement exponentiel de panique qui conduit un nombre croissant d’électeurs à l’abandonner (on parle alors de reverse bandwagaon ou d’effet Titanic).
En sens inverse, on constate parfois un effet de compassion (underdog), parfois appelé "effet Croix-rouge" : ici des électeurs vont venir au secours des candidats ayant de faibles scores dans les sondages en leur apportant leur voix, parce qu’ils estiment qu’on les a trop marginalisés et qu’ils ont droit à une représentation minimale, ou parce qu’ils considèrenet que, si un candidat est mal traité par les sondages, c’est qu’il doit avoir au fond "quelque chose de bien" (on rejoint alors une sorte de théorie du complot).
On peut encore raffiner l’analyse en distinguant les effets des sondages sur le niveau des intentions de vote ou sur les mouvements d’opinion, ou encore en tenant compte du mode de scrutin (un scrutin majoritaire fait en général apparaître des effets plus forts et plus complexes des sondages qu’un scrutin proportionnel).
Pour aller plus loin:
- Comment devient-on président(e) de la République? Les stratégies des candidats.
Chapitre 2 – Section "Les chouchous des médias et des sondages"
Chapitre 3 - Section "La connaissance des électeurs et des comportements électoraux".
- Blondiaux L., La fabrique de l'opinion. Une histoire sociale des sondages. Paris: Editions du Seuil, 1998.
- Cautrès B., "Les électeurs et les sondages". In Perrineau P. (dir.) Atlas électoral. Qui vote quoi, où, comment? Paris: Sciences-po Les Presses, 2007, pp. 119-123.
- Irwin G. A. et Van Holsteyn J. J. M. "Bandwagons, Underdogs, the Titanic, and the Red Cross. The Influence of Public Opinion Polls on Voters". Communication présentée à XVIIIth Congress of the International Political Science Association, Québec, 1-5 August, 2000.
Tags: campagne électorale - élection - présidentielle - sondages - effets
Thèmes : Influence des médias, Sondages
vendredi 2 mars 2007
L'art de se taire (quand le téléphone sonne)
Lors de la présentation de mon livre à l'Institut français de presse, une étudiante m'a demandé pourquoi je n'avais pas défendu plus vivement mon point de vue lors de l'émission Le téléphone sonne du 6 février sur France Inter consacrée au rôle de l'internet dans la campagne présidentielle (hélas plus en ligne).
"Pourquoi avez-vous laissé tomber face aux deux autres intervenants (Bernard Stiegler et Thierry Crouzet qui s'enthousiasmaient sur la manière dont l'internet révolutionne la politique)", m'interrogeait-elle justement?
C'est vrai que je n'ai sans doute pas fait preuve d'assez de pugnacité cette fois là. Comme d'autres chercheurs, j'ai parfois de la peine à faire passer "mon message" dans les médias. (Je reviendrai sur ce sujet après la campagne).
L'autre raison, c'est que j'ai naturellement tendance à faire mien ce conseil de l'Abbé Dinouart(*) (mis en exergue de la conclusion de mon ouvrage):
"Le premier degré de la sagesse est de savoir se taire ;
le second, de savoir parler peu, et de se modérer dans le discours ;
le troisième est de savoir beaucoup parler, sans parler mal et sans trop parler".
Viiblement, je n'en suis qu' au premier degré de la sagesse, et je commence à peine à aborder le second.
dimanche 25 février 2007
Les parrainages, un déni de démocratie ?
En 2002, on avait compté plus de 70 candidats à la candidature. Aujourd’hui, il y en aurait plus d’une quarantaine. Et en dehors des candidats soutenus par les grands partis qui disposent du soutien de nombreux parlementaires et élus locaux, beaucoup ont du mal à réunir les 500 parrainages nécessaires. Pour l’instant, ils n’ont obtenu que des promesses qui ne se transformeront pas toutes en parrainages effectifs (la déperdition étant de l’ordre de 20 à 30%, et peut-être bien plus cette année) avant la date limite du 16 mars 2007
Certaines formations, comme le PS, ont demandé à leurs élus de ne n’apporter leurs parrainage qu’au candidat officiellement investi. On sait aussi que beaucoup de maires de petites communes, élus sur des listes apolitiques, hésitent à parrainer un candidat par peur de subir des représailles (et par exemple de tarder à obtenir les subventions qu’ils attendaient du conseil général pour certains travaux). Le fait que les élections municipales se dérouleront l’an prochain rend la collecte des parrainages encore plus difficile : nombre d’élus n’ont pas envie de s’engager soit par crainte de compromettre leur élection lors des prochaines municipales, soit tout simplement par souci de ne pas provoquer des polémiques ou des débats dans leur commune. Lors de l’élection 2002, on avait observé que Jean-Marie Le Pen avait été incapable d’obtenir des parrainages même dans les zones de force du Front national comme l’Alsace ou le littoral méditerranéen.
Les règles concernant les parrainages
Pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle, il faut être parrainé (la loi dit présenté) par 500 élus, représentant au moins 30 départements ou DOM-TM, sans que plus de 50 puissent venir d’un même département ou DOM-TOM. Les élus autorisés à parrainer un candidat sont les maires, les conseillers généraux, les conseillers régionaux, les députés et sénateurs, les parlementaires européens.
Pour les élections présidentielles de 1965 à 1974, le nombre de parrainages exigé était seulement de 100. Ceci a conduit à une (relative) inflation du nombre de candidatures (de 6 en 1965 à 12 en 1974) et, de plus, à l’apparition de candidats marginaux, peu connus et obtenant des scores extrêmement faibles (6 des candidats à l’élection de 1974 ont obtenu moins de 1% des suffrages exprimés et l’un d’eux, Guy Héraud, seulement 0,06%, soit moins de 20 000 voix sur 24,5 millions de votants). C’est pour contrecarrer cette double tendance, que le législateur a porté en 1976 le nombre de parrainages nécessaires à 500.
Parmi les quelques 40 000 élus susceptibles d’apporter leur parrainage, 17 815 l’ont effectivement fait en 2002 (pour 16 444 en 1981, et seulement 14 462 en 1995).
Pratiquement, les personnes habilitées reçoivent un formulaire de la part du Conseil constitutionnel. Si elles décident de parrainer un candidat, elles peuvent soit le remettre au candidat qui l’adressera ensuite au Conseil, soit le renvoyer directement à ce dernier (qui tient au courant quotidiennement les candidats du nombre de parrainages recueillis en leur faveur).
Après avoir vérifié la validité des parrainages, le Conseil établira la liste officielle des candidats (vraisemblablement le 20 mars, et en tout cas plus précocement que lors des précédentes élections présidentielles).
En revanche, ne seront publiés au Journal officiel que 500 noms de parrains, tirés au sort, pour chaque candidat. De 1988 à 2002, la liste complète des parrains a été affichée dans la semaine précédant le scrutin dans le hall du Conseil constitutionnel. Il n’en sera pas de même cette année, le législateur n’ayant pas reconnu la légalité de cette pratique. Toutefois, cela changera peu de choses à la situation des petits candidats : ceux-ci ne rassemblent en général pas beaucoup plus que les 500 parrainages exigés, et leurs parrains ont de très grandes chances de voir leur soutien connu de tous.
Un dispositif inique ?
Cette situation est-elle scandaleuse et peut-elle s’assimiler à un déni de démocratie ?
Idéalement, on peut certes souhaiter que les électeurs disposent du plus grand choix possible. Théoriquement, il pourrait y avoir jusqu’à 80 candidats (40 000 divisé par 500) si chaque personne habilitée parrainait un candidat. Mais une telle profusion aiderait-elle les électeurs à faire leur choix ?
- Un grand nombre de candidatures n’entraîne pas mécaniquement une plus grande participation à l’élection présidentielle. En 2002, 16 candidats étaient en lice (contre 9 en 1988 et 1995) et pourtant l’abstention a battu tous les records (28,2%, soit presque 7 points de plus qu’en 1995). Ce n’est pas parce que l’offre électorale s’accroît que l’appétence pour la politique fait de même.
- Comme on l’a vu également en 2002, la multiplication des candidatures au 1er tour peut avoir des effets pervers lorsque, en dispersant les suffrages en faveur d’un camp politique, elle aboutit à priver ce camp de représentant au second tour. Et il est vraisemblable que cette mémoire de 2002 joue dès à présent sur les réticences de certains élus à parrainer des candidats ; et qu’elle affectera aussi le comportement des électeurs (le CEVIPOF s’efforce de mesurer cet effet-mémoire dans les enquêtes qu’il mène actuellement).
- Accessoirement, la multiplication des candidats alourdit le coût de l’élection pour la collectivité. Un candidat de plus, et c’est plus de 80 millions de bulletins de vote supplémentaires qu’il faut imprimer (chacun des quelque 42 millions d’électeurs recevant un bulletin à son domicile et pouvant en obtenir un autre dans son bureau de vote). Toutefois, le coût de l’élection présidentielle reste raisonnable: il était de 200 millions d’euros en 2002, soit moins de 5 euros par électeur.
- S’il y a tant de candidats potentiels à la présidence de la république, c’est parce que la campagne présidentielle est devenue la principale tribune de la vie politique française: les candidats potentiels savent que durant cette période l’intérêt pour la politique des citoyens est nettement plus fort, et que la campagne offre une exposition médiatique sans équivalent et diverses facilités aux candidats officiels (153 000 euros d’avance, des affiches et professions de foi prises en charge par l’Etat contrairement aux autres élections, un temps d’antenne gratuit sur l’audiovisuel public et un accès plus aisé à toutes les chaînes de télévision (du fait du régime d’égalité entre les candidats que celles-ci doivent appliquer durant la campagne officielle). Du coup, autre effet pervers, plus il y a de candidats, moins les journaux télévisés sont en mesure de bien couvrir la campagne.
Que faire pour améliorer les choses?
Tout le monde est à peu près d’accord pour dire qu’il faut trouver un équilibre entre équité et efficacité : éviter la multiplication de candidatures fantaisistes tout en permettant aux forces politiques significatives de participer à l’élection présidentielle. Nul ne sait quelles seraient les conséquences d’une absence de Jean-Marie Le Pen le 22 avril, faute d’avoir obtenu les parrainages, mais chacun les craint. Reste à savoir comment faire concrètement.
1) Rendre les parrainages anonymes. Cela permettrait à certains élus de parrainer, en toute discrétion et en toute indépendance, le candidat de leur choix. Mais cette solution n’est pas entièrement satisfaisante dans la mesure où la démocratie exige en principe le plus possible de transparence et où elle assimile les élus à des individus peureux incapables de s’engager ouvertement. Les Verts par exemple y sont hostiles. De plus, garantir un secret absolu des parrainages ne sera pas chose aisée (lorsqu’un manipule des milliers de formulaires, les fuites sont vite arrivées).
2) Faire parrainer les candidats par les électeurs et non par des élus. C’est, à mes yeux, la plus mauvaise solution. A quel seuil fixer le nombre de parrainages nécessaires: 10 000, 100 000, plus ? Comment le Conseil constitutionnel pourra-t-il vérifier rapidement que les signatures sont authentiques ? Enfin, cette solution risquerait de donner lieu à des candidatures de groupes d’intérêts, voire des candidatures purement publicitaires, détournant l’élection présidentielle de son véritable objet. Elle risquerait de favoriser les candidats les plus doués en marketing ou disposant de ressources financières importantes, et pas forcément les plus représentatifs sur le plan politique. Enfin, cela allongerait encore la durée de la campagne.
3) Adopter un dispositif de parrainage panachant un soutien par les partis politiques et les élus. C’est la formule qui a été proposée par le sénateur Masson en 2005. Les candidats seraient soit désignés par les partis politiques ayant obtenu plus de 5% des suffrages exprimés aux précédentes élections (ce qui permettrait à Jean-Marie Le Pen d’être candidat), soit être présentés par 1000 élus, dont 5% de conseillers généraux, régionaux et députés ou sénateurs (ce qui compliquerait considérablement la tâche des candidats potentiels indépendants ou appartenant à des partis marginaux). Cette formule assouplit le système mais ne l’ouvre pas totalement. Obtenir 5% des suffrages exprimés aux élections législatives n’est pas une mince affaire et peut exclure certains partis non négligeables.
4) Passer à un scrutin proportionnel (ou incluant une dose de proportionnelle) pour les élections législatives. Cela permettrait aux partis ayant une existence significative dans notre pays d’avoir une représentation politique et de ne plus utiliser la campagne présidentielle comme moyen d’existence ou de pression en vue, justement, des élections législatives. Cette solution est politiquement la plus difficile à mettre en œuvre. Les grands partis sont évidemment hostiles à un mode de scrutin proportionnel qui affaiblirait leur influence. Et aussi bien le PS que l’UMP brandissent l’épouvantail du Front national qui, en cas de proportionnelle, pourrait constituer le troisième groupe du Parlement. Sans compter les arguments traditionnels contre la proportionnelle : celle-ci empêcherait de dégager une majorité de gouvernement et favoriserait l’instabilité du régime.
5) Recourir à des primaires au sein des grands courants politiques. C’est, à mon avis, la solution la plus réaliste à court terme, du moins s’il s’agit de primaires ouvertes (et non de primaires fermées, réservées aux seuls adhérents d’un parti, comme celles du PS en novembre 2006). Les électeurs de chaque grand courant politique pourraient directement participer à la désignation de leur candidat tout en évitant les guerres fratricides et les candidatures stratégiques visant seulement à obtenir des gratifications en vue du second tour, ou des législatives. De plus, ce processus oblige les partis à faire, relativement démocratiquement, les compromis indispensables à la clarté de la vie politique. Les primaires organisées par la gauche et le centre gauche italiens en 2005 ont montré que les difficultés matérielles inhérentes à ce type d’opération pouvaient être surmontées. Objection principale à ce système : il avantage les partis susceptibles de participer à des coalitions.
En fin de compte, il n’y a pas de solution miracle. Et la (petite) polémique sur les parrainages cache peut-être le vrai problème : celui de la capacité des partis politiques et des candidats, qu’ils soient grands ou petits, sérieux ou farfelus, officiels ou auto-proclamés, à répondre aux attentes profondes d’une partie substantielle de l’électorat.
Pour aller plus loin:
- Guilledoux F-J., Tous candidats! Le poids des petits dans la présidentielle 2007. Paris: Fayard, 2006
- Comment devient-on président(e) de la République? Les stratégies des candidats. Chapitre 2 (La désignation des candidats), p. 36 à 61 + éléments du chapitre 8 (Le coût et le financement des campagnes)
- Illustration: Situation des parrainages au 25 février selon Le Figaro avec la version "live" ICI
Tags: parrainages - présidentielle
- démocratie
jeudi 15 février 2007
Comment devient-on président(e) de la République? Les stratégies des candidats
On ne se fait plus élire aujourd'hui comme il y a quarante ans. Plus professionnelles et plus sophistiquées, les stratégies de campagne des candidats à l'élection présidentielle ont beaucoup changé depuis le premier scrutin au suffrage universel direct en 1965.
Comment devient-on président(e) de la République ? Les stratégies des candidats est une plongée dans les machines électorales des candidats et leurs état-majors. Il analyse les appareils de campagne des candidats, étudie leurs plans de bataille et de communication et explique leurs effets sur la vote. Il propose enfin des outils pour comprendre les évolutions passées et futures de la communication politique en France et dans les démocraties occidentales.
Pourquoi certaines personnalités deviennent des présidentiables, tandis que d'autres n'y parviennent jamais ? Comment s'est mis en place le réseau de Ségolène Royal ? Qu'est-ce qu'un spin doctor et à quoi sert-il? En quoi Nicolas Sarkozy s'est -il inspiré des méthodes de campagne de Tony Blair ? Comment les candidats utilisent-ils les médias ? Quel peut être l'impact de la télévision sur l'issue du scrutin présidentiel ? L'internet aura-t-il un rôle déterminant dans la campagne?
Certaines évolutions récentes des campagnes électorales, comme le recours au croissant au marketing ou la tendance à l'américanisation de la communication politique sont parfois inquiétantes. Mais ce qui a le plus changé dans la relation entre candidats et électeurs, ce n'est pas tant la manière dont les candidats s'adressent aux électeurs que l'aptitude croissante de ces derniers à décoder les opérations de communication des personnalités politiques. Et c'est à ce travail de décryptage que ce livre voudrait les aider.
LA TABLE DES MATIERES DETAILLEE
LES DEBATS AUTOUR DU LIVRE
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campagne électorale - élection - présidentielle - communication politique - président
Thèmes : Démocratie et pluralisme
CDPR: table des matières
1. Les règles du jeu
La présidentielle : élection centrale de la Veme République
Les logiques conflictuelles de l’élection présidentielle
2. La désignation des candidats
La longue marche à la candidature
Vers un recours croissant à des primaires
3. Les plans de bataille
Concevoir une stratégie de campagne
La connaissance des électeurs et des comportements électoraux
4. Réseaux et machines électorales
Les réseaux pour préparer une candidature
Les appareils de campagne
5. Faire connaître son message
La communication directe
La gestion de l’attention médiatique
6. L’image des candidats et les conseillers en communication
Des images à l’image
Le rôle des conseillers en communication
7. Le rôle de la télévision et les effets des médias
La place centrale de la télévision
La lancinante question des effets des médias
8. Le coût et le financement de campagne
Les contraintes légales et leur philosophie
Le budget d’une campagne
9. Le futur de la communication politique
Ce que change l’internet
Vers des campagnes du quatrième type
Conclusion
Bibliographie
Introduction à la vie politique et aux élections
La communication politique
Les médias, les sondages et la politique
Etudes électorales et analyses du comportement électoral
Les analyses électorales du CEVIPOF
Liens internet
Les débats autour du livre
28 mars de 8h30 à 10h:
Débat autour du livre dans le cadre des matinées du CEVIPOF
avec Jacques Gerstlé (Paris I), Patrick Jarreau (Le Monde) et Philippe Lapousterle (conseiller de François Bayrou pour la presse et la communication), en présence de l'auteur (invitation PDF)
2 avril de 17h à 19h :
Les médias et l'élection présidentielle: quels effets sur les évaluations politiques des électeurs?
Dans le cadre des Lundis du CEVIPOF
avec Etienne Moujeotte; vice-président de TF1, Denis Muzet, directeur de l'Institut Médiascopie et de l'Observatoire du Débat public, Thierry Vedel, chercheur au CEVIPOF. Débat animé par Pascal Perrineau, directeur du CEVIPOF
Débats passés:
26 février de 14h à 15h 30: Chat en direct sur Nouvelobs.com
28 février de 18h 30 à 20h: "L'internet, futur vainqueur de l'élection présidentielle?
Fondation pour l'innovation politique, 137, rue de l'Université, Paris 7e
(Accès par le 12-14, rue Jean Nicot)
2 mars de 16h à 18h: Débat autour du livre
.Université de Paris 2, Institut français de presse, 92 rue d'Assas, 75006 Paris.
2 mars de 19h à 22h: "L'opinion gouverne-t-elle?"
Centre Pompidou, dans le cadre de la série de débats : Où va notre démocratie?
13 mars de 17h30 à 19h: Débat à la FNAC de Montpellier
15 mars de 18 h à 19h30: Débat à la FNAC de Parly 2
16 mars de 17h30 à 19h: Débat à la FNAC de Paris St-Lazare
CDPR: Tableaux et encadrés

L'ouvrage Comment devient-on président(e) de la République? Les stratégies des candidats comprend 28 tableaux ou encadrés.
En voici la liste pour vous repérer plus facilement
- Les pouvoirs du président de la République (p 20)
- Les règles de l’élection présidentielle (p 35)
- Les profils des présidentiables (p 39)
- La désignation de la candidate du PS (p 61)
- Des sondages aux focus groups ( p 79)
- Résultats du second tour depuis 1965 (p 83)
- Les résultats du 1er tour par famille politique (p 84)
- Les principaux clubs politiques (p 95)
- L’appareil de campagne de Tony Blair en 1997 (p 108)
- Qui fait quoi dans une équipe de campagne (p 115)
- Communication directe ou indirecte ? (p 124
- Interdictions concernant la communication électorale (p 129)
- Les régimes de traitement des candidats par les médias audiovisuels (p 142)
- Les spins doctors (p 146)
- L’image et l’écrit (p 162)
- Les slogans des campagnes (p 173)
- Les principaux slogans des candidats de 1965 à 2002 (p 175)
- Les sources d’information politique utilisées en premier par les électeurs (p 183)
- Le vote des auditoires des journaux télévisés (p187)
- Effets globaux et individuels des médias : une illustration chiffrée (p 206)
- Les principales lois sur le financement des campagnes électorales (p 212)
- Les recettes des candidats en 2002 (p 222)
- Les dépenses des candidats en 2003 (p 223)
- L’efficacité financière des campagnes en 2002 (p 228)
- Le rôle des blogs lors de la campagne présidentielle américaine (p 242)
- Les deux premières sources d’information utilisées par les électeurs (p 245)
- Le niveau d’études des internautes français ayant visité un site politique en mars 2004 (p 246)
- Types de campagnes électorales dans le temps (p 259)
