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jeudi 15 février 2007

Comment devient-on président(e) de la République? Les stratégies des candidats

On ne se fait plus élire aujourd'hui comme il y a quarante ans. Plus professionnelles et plus sophistiquées, les stratégies de campagne des candidats à l'élection présidentielle ont beaucoup changé depuis le premier scrutin au suffrage universel direct en 1965.
Comment devient-on président(e) de la République ? Les stratégies des candidats
est une plongée dans les machines électorales des candidats et leurs état-majors. Il analyse les appareils de campagne des candidats, étudie leurs plans de bataille et de communication et explique leurs effets sur la vote. Il propose enfin des outils pour comprendre les évolutions passées et futures de la communication politique en France et dans les démocraties occidentales.

Pourquoi certaines personnalités deviennent des présidentiables, tandis que d'autres n'y parviennent jamais ? Comment s'est mis en place le réseau de Ségolène Royal ? Qu'est-ce qu'un spin doctor et à quoi sert-il? En quoi Nicolas Sarkozy s'est -il inspiré des méthodes de campagne de Tony Blair ? Comment les candidats utilisent-ils les médias ? Quel peut être l'impact de la télévision sur l'issue du scrutin présidentiel ? L'internet aura-t-il un rôle déterminant dans la campagne?

Certaines évolutions récentes des campagnes électorales, comme le recours au croissant au marketing ou la tendance à l'américanisation de la communication politique sont parfois inquiétantes. Mais ce qui a le plus changé dans la relation entre candidats et électeurs, ce n'est pas tant la manière dont les candidats s'adressent aux électeurs que l'aptitude croissante de ces derniers à décoder les opérations de communication des personnalités politiques. Et c'est à ce travail de décryptage que ce livre voudrait les aider.

LA TABLE DES MATIERES DETAILLEE

LES DEBATS AUTOUR DU LIVRE

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samedi 6 mai 2006

OGM, consultation du public et internet

Peut-on organiser une véritable consultation du public par l'internet?

A cette question, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand vient de répondre par la négative en annulant les arrêtés par lequel le Ministre de l'agriculture avait autorisé la société Meristem Therapeutics à expérimenter des OGM à usage médicamenteux dans le Puy-de-Dôme.

En 2005, plusieurs associations de défense de l'environnement (le CRII-GEN, Champs libres, France Nature Environnement, les Verts, la Confédération paysanne) avaient déposé un recours demandant l'annulation des essais de cultures de maïs transgénique menés par la société Meristem Therapeutics. Celle-ci avait cultivé en 2005 dans le Puy-de-Dôme vingt hectares de maïs OGM, destiné à produire de la lipase gastrique pour tenter de soulager les personnes atteintes de mucoviscidose.

Le tribunal administratif, qui avait rejeté le 23 juin 2005 les requêtes en référé déposées par ces associations, examinait jeudi 4 mai le dossier sur le fond. Sa décision d'annulation repose essentiellement sur deux éléments:

  • le défaut d'information du public, en raison de la localisation imprécise des parcelles d'essais tant dans les dossiers examinés par la Commission du Génie Biomoléculaire, que dans les fiches d'information au public affichées en mairie des communes recevant les essais (ces fiches d'information étant par ailleurs communiquées au public postérieurement aux autorisations d'essais);
  • la mise en place d'une consultation publique par le seul intermédiaire du réseau internet auquel tous les individus intéressés n'ont pas aisément accès.
Plus généralement, le tribunal estime que la procédure d’information et de consultation mise en place ne respecte pas les objectifs fixés par la directive européenne 2001-18 (relative à la dissémination d’OGM et qui rend obligatoire la consultation du public) ainsi que l’article 6 de la convention d'Aarhus qui concerne l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement et qui a été approuvée par l’UE le 17 février 2005).

(Pour mémoire, voici d'après le site interministériel sur les OGM, le bilan de la consultation qui avait eu lieu du 4 au 8 avril 2005 sur les onze programmes de recherche OGM 2005.
2451 courriers électroniques ont été reçus, se répartissant ainsi :
- favorables: 101
- demande de maintien des essais en confiné 49
- défavorables aux OGM pour des raisons précises : 45
- défavorables aux OGM d'une manière générale : 400
- défavorables aux OGM par l'envoi d'un texte de pétition : 1652
- ni pour, ni contre, questions : 34
Autant dire que cette consultation n'avait pas passionné les foules, et surtout concerné des militants anti-OGM.)

Quelques sites à visiter :

  • Le site interministériel sur les OGM, et notamment la section consacrée à la consultation du public
  • Inf’OGM veille citoyenne sur les OGM
  • Détectives OGM (Greenpeace)
  • Un article d'avril 2005 consacré à la consultation sur les essais OGM sur le site Grainvert


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    mercredi 3 mai 2006

    Ségolène et la démocratie participative

    La démocratie ne peut se réduire à l'expression et à l'échange d'opinions, mais exige un processus de délibération.
    C'est ce que rappelle Jean-Luc Charlot dans ce très bon article Les confusions de la participation médiologique paru dans l'Humanité du 29 avril 2006, dans lequel il commente notamment le site de Ségolène Royal.
    Mais inventer de nouvelles procédures de délibération n'est pas une tâche aisée, surtout si l 'on veut impliquer tous les citoyens (et pas seulement ceux qui ont du temps et/ou beaucoup de capital culturel). C'est sur cela, à mon sens, que les efforts des activistes de l'internet citoyen devraient porter en priorité. L'internet peut sans doute permettre "d'outiller" la délibération. Reste à mettre au point les applications nécessaires à cette fin.

    Extraits:
    "Une méthode qui consiste à collecter des opinions, comme au travers de ce qui est réalisé dans le site desirsdavenir.com, ne peut pas véritablement rendre pensable un nouvel espace politique de nouveau cohérent avec les réalités et l’état de maturité politique des citoyens. A contrario, cette approche ne fait qu’approfondir la confusion, si souvent proposée en matière de participation des citoyens, entre outil de communication simulant l’horizontalité entre tous et de véritables espaces publics de délibération".

    "Cette confusion entre « expression d’opinions » (comme les sondages du même nom) et « processus de délibération », aussi astucieusement entretenue soit-elle, ne peut durablement dissimuler la nécessité de l’effort qu’il reste à produire afin de penser, puis mettre en oeuvre réellement des méthodes de coopération avec les citoyens qui seront susceptibles d’améliorer l’efficacité des politiques et de l’action publique".

    Jean-Luc Charlot est l'auteur de Le pari de la participation. Approximation d'une activité politique. Paris: l'Harmattan, 2006.

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    dimanche 27 novembre 2005

    Entendu sur France inter : faut-il des statistiques ethniques?

    En relation avec mon précédent billet sur les minorités visibles à la télévision et un éventuel changement de la loi sur l'audiovisuel, ce lien vers l'émission Périphéries de France Inter du 27 novembre, qui abordait le débat autour de l'élaboration de statistiques ethniques pour lutter contre les discriminations.

    Vous pourrez entendre des points de vue assez différents de :

    • Dogad Dogoui, président d'Africagora, favorable à des statistiques ethniques.
    • Samuel Thomas, vice-président de SOS Racisme, hostile à la prise en compte des origines, car cela institutionnaliserait une différence entre les "vrais" Français et les autres.
    • Azouz Begag, ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, qui s'interroge: "comment la République peut-elle garantir l'égalité des citoyens sans distinction de race, d'origine ou de religion puisqu'elle n'a aucun moyen pour distinguer la race, l'origine ou la religion? "

    samedi 26 novembre 2005

    Chirac et la représentation de la diversité à la télévision : un pétard mouillé

    Mardi 22 novembre, le Président de la République a souhaité rencontrer les responsables des chaînes nationales de télévision ainsi que le président du CSA pour s’entretenir avec eux de la représentation à l’antenne de la diversité de la société française. Il a notamment souhaité une modification de la loi du 30 septembre 1986 sur la liberté de communication (texte officiel de la déclaration de Jacques Chirac ICI)

    (En souvenir de Rosa Parks : cliquer sur la photo pour accéder au portail Rosa parks)


    Un arsenal juridique insuffisant ?
    Pourquoi modifier une fois encore (ce sera la 37 eme fois en 20 ans) la loi de 1986 sur la liberté de communication ? La législation de l’audiovisuel contient déjà diverses dispositions pour assurer la représentation de la diversité de la société française sur les écrans.

    • La loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse punit la provocation à la discrimination ou à la haine raciale.
    • L’article 15 de la loi de 1986 sur la liberté de communication prévoit que « le CSA veille à ce que les programmes ne contiennent aucune incitation à la haine ou à la violence pour des raisons de race, de sexe, de mœurs, de religion ou de nationalité ».
    • Les cahiers des charges de France 2 et France 3 obligent ces chaînes à veiller à ce que leur "offre de programmes témoigne de la richesse et de la diversité des cultures de la société française" (article 2) et leur demandent de "contribuer à travers leurs programmes et leur traitement de l’information à la lutte contre les discriminations et les exclusions de toutes sortes" (article 3).
    • Les conventions de TF1 et M6 obligent ces chaînes "à respecter les différentes sensibilités politiques, culturelles et religieuses du public ; à ne pas encourager des comportements discriminatoires en raison de la race, du sexe, de la religion, ou de la nationalité ; à promouvoir les valeurs d'intégration et de solidarité qui sont celles de la République ; à prendre en considération, dans la représentation à l'antenne, la diversité des origines et des cultures de la communauté nationale" (article 9).
    Les minorités visibles, c’est quoi ?
    Lorsqu’ils débattent de la question de la représentation de la société française sur les écrans, les gens des médias utilisent fréquemment l’expression de minorités visibles. Cela part sans doute d’une bonne intention, et découle en partie des contraintes de notre droit et de notre célèbre modèle républicain qui ne reconnaissent pas explicitement les minorités ethniques ou nationales. Mais la notion est assez peu heureuse, voire douteuse.
    • D’abord parce qu’on pourrait l’utiliser à tort et à travers (je mesure 1,50 m donc j’ai le droit de passer à la télé en tant que membre de la minorité visible des petits).
    • Ensuite, il est assez clair (si je puis dire) que tous les membres de minorités n’ont pas forcément une gueule de minoritaire. On peut très bien être un beau blond aux yeux bleus et s’appeler Thamazight, être né en Kabylie et avoir fait ses études dans une ZEP.
    • Enfin, et surtout, parce que cette notion légitime un traitement différentiel des individus en fonction de leur apparence.




    La faute aux médias ?
    Le Président de la République suggère que la crise qu’a connue la société française est, indirectement et en partie, liée au fait que les médias représentent mal la société française. Sans doute. J’ai déjà dit dans ce blog combien les médias avaient du mal à traiter la culture des banlieues et à en rendre compte de façon régulière et non pas ponctuelle.
    En même temps, on doit reconnaître que les chaînes de télé ont fait des efforts en la matière au cours des dernières années. TF1 indiquait dans son rapport d’activité 2003 qu’elle « s’applique à promouvoir la présence de minorités visibles dans ses séries les plus populaires », ce qu’on peut en effet constater. France Télévisions a lancé en janvier 2004 un plan d’action positive pour l’intégration, et conclu des accords avec deux écoles de journalisme, dont celle de Sciences-po, pour allouer des bourses à des jeunes gens issus de l’immigration.

    Quatre remarques cependant :
    • Ce ne sont pas seulement les minorités issues de l’immigration mais aussi des pans entiers de la vie sociale, économique et politique que les chaînes de télévision ont du mal à représenter (par exemple les minorités politiques, les mouvements sociaux, les PME).
    • Une véritable intégration et promotion des minorités ne passe pas seulement par ce qui se voit à l’écran, mais aussi par l’accès à des postes de direction.
    • D’une certaine façon, les médias sont un reflet des inégalités sociales qui existent dans notre pays. Et bien évidemment, ces inégalités ne disparaîtront pas parce que nos écrans deviendraient tout à coup multicolores.
    • La question déborde largement le champ des médias : tant que nous ne parviendrons pas à définir précisément ce que sont les minorités, ce qui constitue la diversité mais aussi le bien commun de notre société, nous aurons du mal à avancer.
    Pour aller plus loin :
    - Les actes du colloque "Ecrans pâles. Diversité culturelle et culture commune dans l’audiovisuel", organisé en avril 2004 par le Haut conseil à l’intégration et le CSA.
    - Le rapport "La télévision en Europe : régulation, politiques et indépendance", réalisée par l’Open Society Institute (et le Centre de recherches politiques de Sciences-po pour la partie française).

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