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jeudi 7 mai 2009

Faut que ça buzze !

Un ministre, constamment relié à sa cellule de veille internet, s'efforce de s'adapter en temps réel à ce qui agite les internautes: requêtes les plus populaires sur les moteurs de recherche, google trends ou page ranks, indices de visionnage sur youtube, gazouillage sur les réseaux sociaux, etc.). Ce qui l'amène in fine à une douloureuse confrontation avec la réalité.

Une amusante video dans laquelle l'équipe d'Action discrète de Canal Plus imagine ce que pourrait devenir la communication politique.




Pour la petite histoire: en 1996, lors de congrès du parti conservateur à Brighton, les travaillistes avaient monté une opération dite de rapid rebuttal en s'appuyant sur les technologies de communication les plus avancées. Captant en direct les discours des leaders conservateurs gràce à un ami inflitré au sein du congrès et équipé d'un dispositif de transmission, ils élaboraient des messages de réfutation qui étaient immédiatement transmis par pager (le sms de l'époque) aux journalistes présents dans la salle. Ainsi, ceux-ci, quelques minutes après avoir entendu un orateur conservateur, recevaient, comme par magie, des données démontant ou discréditant ce qu'il avait dit. Cette opération a toujours été niée par les travaillistes, mais a fait l'objet d'une scène dans le docudrama The project réalisé par Peter Kosminsky et diffusé sur la BBC en 2002.
La pratique du rapid rebuttal devait être ensuite systématisée et améliorée grâce à l'utilisation d'une base de données appelée Excalibur.
Voir: Carr J., Excalibur: democracy's deficit. New Statesman, 17 January1997.

vendredi 13 avril 2007

Les outils pour savoir pour qui voter

Suivant les derniers sondages d'opinion, de 27 à 42% des électeurs n'ont pas encore choisi pour quel(le) candidat(e) ils allaient voter le 22 avril. Si vous êtes dans ce cas, voici un petit inventaire (par ordre alphabétique) des outils disponibles sur l'internet qui peuvent vous aider à déterminer de quel candidat vous êtes le plus proche en fonction de son programme.

Le test du Monde : graphiquement réussi, moins pour le reste.
Graphiquement très réussi, mais pas le plus convainquant par sa méthodologie. Pour chacun des 19 thèmes proposés, il faut choisir entre trois ou quatre propositions (incluant parfois mais pas toujours une case ne sait pas).

Mon vote à moi : complet et assez solide.
Proposé par sitoyen.fr et Sciences-po Lyon à partir de l’application VoteMatch développée par l'Institut néerlandais de la participation politique. Il faut répondre à 35 questions par "j’approuve", "je n’approuve pas" ou "je ne sais pas", ce qui permet de déterminer votre affinité avec les candidats.
A noter : possibilité de définir les questions qu’on considère les plus importantes (ce qui permet d’augmenter leur impact sur le résultat final).

Polimètre : le plus rigoureux pour la méthodologie, mais un peu long
Conçu par deux chercheurs, Paul Antoine Chevalier (ENS Cachan) et Lionel Page (University of Westminster, Londres) avec la collaboration d’une équipe de RTL et du site Débat 2007.fr. Il faut répondre à 30 questions selon cinq modalités (de tout à fait d’accord à totalement en désaccord) et l’on peut de plus choisir l’importance de la question dans le résultat final. C’est de loin le plus rigoureux sur le plan méthodologique même si on peut contester certaines options ou la formulation des questions (voir la note méthodologique et quelques discussions autour du Polimètre ICI).

Politest : pour se situer sur l’échelle gauche-droite.
Réalisé par deux anciens Sciences-po, il propose 12 thèmes avec 3 à 5 propositions à chaque fois.
On peut ensuite choisir l’axe qu’on privilégie (économique, social ou identité de la France). Le test indique le parti dont on est le plus proche en fonction de la comparaison entre la position du parti et celle du répondant sur une échelle à 9 degrés.

Pour qui voter : le plus simple, mais un peu trop simple.
Dans sa version 1, les réponses à 5 questions donnaient des étoiles aux candidats et celui qui obtenait le plus d’étoiles était le candidat.
Dans la version actuelle, trois séries de 5 questions permettent de déterminer un candidat qui pourrait correspondre à notre attente. On peut ensuite en répondant à 10 autres questions mesurer le degré de proximité.

Quel candidat.com : pas mal mais trop éclectique.
Réalisé en partenariat avec le Dauphiné Libéré, il faut répondre à 25 questions ( plus 6 questions touchant aux goûts et valeurs). On obtient ensuite des scores (en %) de ressemblance avec chacun des 12 candidats.

Votez Plus : le plus rigolo
C'est le comparateur proposé par Canal Plus. En répondant à 10 questions, vous saurez si vous êtes plutôt proche de Ségolène Bovancenot ou François Sarkopen, ou encore une autre crétaure improbable. Superbe réalisation graphique. Trop sérieux s'abstenir.

Comment ça marche ?

Comment sont calculés vos résultats à ces différents tests ? Deux type de méthodes peuvent être utilisés:

- Les tests à points : ils sont analogues aux quizz ou tests qu’on trouve dans les magazines (ceux qui consistent à additionner des croix des triangles ou des ronds pour déterminer son profil psychologique). Chaque réponse correspond à un candidat (ou plusieurs) et vaut un point et on additionne les points pour déterminer de quel candidat vous êtes le plus proche. On peu raffiner en donnant plus ou moins de points aux réponses en fonction de leur importance.

- Les tests basés sur le calcul de la distance: là c’est un peu plus compliqué et l’on rejoint un courant d’analyse du vote, connu sous le nom d’analyse spatiale du vote.
Schématiquement, voilà comment cela fonctionne. On définit un espace politique à l’aide de n dimensions (chaque dimension étant un problème ou un enjeu de l’élection). On situe ensuite chaque candidat dans cet espace politique à l’aide d’un point, qui est fonction de ses positions sur chacune des dimensions retenues (positions que l'on peut représenter par une échelle, par exemple de 1 à 5) . Ainsi, sur un espace à deux dimensions, si le candidat a la position 3 sur la première et 5 sur la seconde, il se situera dans l'espace au point de coordonnées (3,5). Bien entendu, cela devient plus réaliste (mais aussi beaucoup plus complexe à visualiser) lorsqu'on prend en compte une douzaine de dimensions.
De la même façon, on peut définir la position de chaque électeur dans le même espace politique en fonction de ses préférences sur chacune des dimensions (ou problèmes). Enfin, à l’aide d’un algorithme, on calcule la distance entre cet électeur et chacun des candidats et on détermine le candidat dont l’électeur est le moins distant.

Les problèmes de ces tests
Pour concevoir un bon test, il faut d'abord déterminer les enjeux qui préoccupent le plus grand nombre d'électeurs, recueillir ensuite les positions des candidats sur ces enjeux et enfin rédiger de bonnes questions. Or chacune de ces étapes est problématique.

  • Il n'est pas évident de trouver le bon panachage de questions. Un test peut ainsi donner trop d'importance aux enjeux sociaux et pas assez aux enjeux économiques. Toutefois, certains tests permettent de pondérer les questions en fonction des sujets qui préoccupent le plus les répondants, et ainsi de leur donner un plus grand impact sur le résultat.
  • Les programmes des candidats ne sont pas forcément tous disponibles (souvenons-nous que celui de Nicolas Sarkozy n'a été rendu public que fin mars) ou ne permettent pas toujours de connaitre la position du candidat sur une question particulière. Idéalement, il faudrait demander à chaque candidat de remplir le questionnaire qu'on propose aux électeurs. Mais les équipes des candidats sont tellement sollicitées que cela relève du tour de force. (Pour la petite histoire, en 2001, nous avions réalisé avec une équipe d'étudiants de Sciences-po un comparateur des programmes des candidats aux élections municipales de Paris. Mais nous avions eu le plus grand mal à obtenir leurs programmes même en jouant de toutes nos relations.)
  • Autre difficulté: rédiger de "bonnes" questions, c'est à dire des questions compréhensibles par tous, ni trop longues ni ambigües. A cet égard, plusieurs tests inventoriés ici ne sont pas totalement satisfaisants. Les questions peuvent être parfois être comprises de plusieurs façons; certaines sont parfois formulées sous une forme négative qui brouille la question; dans l'un des tests, les questions sont bien trop longues (ce qui empêche de bien saisir les choix offerts).

Par ailleurs, il y a la méthode de traitement des réponses. Les systèmes qui additionnent des points (voir section précédente) sont assez rudimentaires car ils supposent que la proximité avec un candidat dépend du nombre de questions pour lesquelles on est d'accord avec lui. Or, cela dépend évidement du type et du nombre de questions qui ont été posés.
Méthodologiquement, les tests basés sur le calcul de la distance sont plus satisfaisants, surtout s'ils permettent de prendre en compte l'intensité des préférences pour telle ou telle réponse. Mais techniquement, ils sont plus complexes à concevoir et à gérer.

Un regret pour terminer: peu de tests présentent clairement, et surtout complètement, leur méthodologie.

A quoi ça sert?
Ces tests ont surtout une fonction heuristique. Ils peuvent vous inciter à réfléchir sur les candidats et peut-être même sur vos propres valeurs. On peut ainsi se croire de gauche et s'apercevoir en faisant un test qu'on est proche des candidats de droite (ou l'inverse). Ces tests invitent parfois à ieux se rensigner sur un candidat qu'on connaît mal ou qu'on négligeait.

Ces tests ne vous disent bien sûr pas pour qui vous DEVEZ voter, mais pour qui vous DEVRIEZ voter si vous vous comportiez comme un électeur rationnel comparant l'ensemble des programmes des candidats en fonction de ses préférences personnelles.
Sauf que nous ne sommes pas forcément très rationnels dans nos décisions électorales. Nous réagissons également à des influences familiales ou sociales. Notre vote ne dépend pas seulement des projets politiques des candidats mais aussi de leur image. Notre vote résulte aussi de réflexes affectifs et de réactions émotionnelles. Et cette dimension, assez difficile à mesurer, est absente des tests présentés ici.


Pour info: les tests les plus consultés par les lecteurs de ce blog du 15 au 22 avril
Mon vote à moi: 739 clics
Polimètre: 539 clics
Votez Plus: 463 clics
Test du Monde: 446 clics
Pour qui voter: 368 clics
Politest: 288 clics
Quel candidat.com: 276 clics


jeudi 22 mars 2007

Les internautes et la politique à l'heure de la présidentielle

Le CEVIPOF vient de terminer une étude sur Les internautes et la politique dans le contexte de l'élection présidentielle.
Réalisée par sondage en ligne du 16 au 29 janvier 2007 auprès d'un échantillon de 1000 internautes représentatif de la population française internaute âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas (sexe, âge, PCS, région*agglo), cette étude fait le point sur le profil sociologique des internautes, leurs pratiques d'information, leur implication politique ainsi que leurs intérêts et préférences à l'égard de la présidentielle. Elle apporte tout particulièrement d'intéressants éléments sur l'audience des sites politiques.

L'audience des sites politiques

La fréquence de visite des sites politiques


Souvent De temps en temps Rarement Jamais
- Le site de votre région, de votre département ou de votre commune 11,5 41.5 26.5 19.5
- Des sites de médias traditionnels (lemonde.fr, tf1.fr…) 16 38.5 23.5 22
- Des portails web d’information (yahoo, googlenews) 29 29 16.5 24.5
- Le site du gouvernement ou tout autre site d’un ministère 5 30 20.5 43.5
- Le site d’une association de défense des consommateurs, de défense de l’environnement, des droits de l’homme… 4 22 25 49
- Le site d’une association caritative (Secours populaire, Médecins du monde, Croix rouge…) 3 15 30 52
- Pacte-ecologique-2007, le site de Nicolas Hulot 2 9.5 13.5 74.5
- Le site de l’Assemblée national ou du Sénat 1 7.5 11.5 80
- Des sites de blogeurs traitant de politique et d’actualité (loiclemeur, versac, etienne.chouard, etc...) 1,5 5 12 81.5
- Le site de l’UMP, un autre site ou blog soutenant la candidature de N. Sarkozy 3,5 6.5 8.5 81.5
- Des sites citoyens (agoravox, sitoyen, acrimed…) 1,5 4 11.5 82
- Le site du PS, desirsdavenir, un autre site ou blog soutenant la candidature de S. Royal 2,5 6 7.5 84
- Le site du Président de la République 0.5 3.5 8.5 87.5
Ce tableau se lit de la façon suivante (exemple): 11,% des internautes visitent souvent le site de leur région, département ou commune.

Proportion de visiteurs de différents sites partisans selon l’orientation politique

% de visite au moins une fois PS /
Segosphère
UMP /
Sarkosphère
Nicolas
Hulot
Blogs politiques
- Gauche 23 12 24 26
- Ninistes 9 12 27 12
- dont ninistes intéressés par la politique 19 25 34 23
- Centre 21 23 29 17
- Droite 16 36 22 21
- Ensemble 16 19 25 19
Ce tableau se lit de la façon suivante (exemple): parmi les internautes se déclarant de gauche, 23% ont été au moins une fois (même si ce n'est qu'une fois) sur un site du PS ou de soutien à Ségolène Royal.

Les ninistes sont ceux qui ne se déclarent ni de gauche ni de droite (à ne pas confondre avec ceux qui se déclarenet proches du centre!).


Un résumé de l'étude sur le site de TNS-SOFRES PAR ICI

L'ensemble des résultats chiffrés de l'étude en format PDF PAR LA

vendredi 15 décembre 2006

Le canard visite les sites internet du PS et de l’UMP

L’internet est devenu un outil de communication de politique. Tous les partis et candidats font désormais étalage de leurs activités sur le réseau. Au point que certains d’entre eux semblent se retrouver « à poil sur Internet », comme le titre un article que Le Canard enchaîné a publié ans son édition du 13 décembre 2006 (page 3).

Jérôme Canard, l’auteur de l’article raconte : « Un simple internaute un peu dégourdi – ne parlons pas d’un vrai pirate – peut accéder à des informations confidentielles, et même aux fichiers des adhérents (du PS et de l’UMP)».

Le Canard a pu ainsi s’introduire dans le système Rosam du PS et accéder, sans aucun mot de passe, au fichier qui indique le nombre d’adhérents à la fin de l’année civile, à un autre fichier qui permet de suivre au jour le jour le nombre d’adhésions, ou encore à l’annuaire interne du siège du parti. De plus, indique l’article, les pages du site public du PS sont non seulement consultables, mais aussi « modifiables par n’importe quel malveillant ».
De la même façon, le Canard a pu prendre connaissance du fichier des adhérents de l’UMP, lui aussi non protégé (et ceci, souligne le Canard, bien que les responsables de l’UMP aient déjà été prévenus en septembre 2005 qu’on pouvait accéder aux pages d’administration de leur site et modifier son contenu).

Le côté rigolo de l’histoire, c’est qu’on apprend que le nombre d’adhérents figurant dans ces fichiers ne correspond pas aux chiffres officiels. Selon le Canard, le fichier du PS comptait 133 831 adhérents au 31 décembre 2005, pour 150 000 revendiqués ; celui de l’UMP ne compte que 125 953 (pour 300 000 adhérents revendiqués) et fait apparaître des adhérents portant le même nom (dont une vingtaine de Nicolas Sarkozy).

Le côté inquiétant de l’histoire, c’est l’étonnante légèreté des responsables de l’informatique de ces deux partis. Il savent pourtant que leurs sites sont, bien plus que d’autres, susceptibles d’être attaqués. Comme tous les gestionnaires des données à caractère personnel, ils doivent, selon l’article 34 de la loi Informatique, fichiers et libertés du 6 janvier 1978, refondue par la loi du 6 août 2004 « prendre toutes précautions utiles, au regard de la nature des données et des risques présentés par le traitement, pour préserver la sécurité des données et, notamment, empêcher qu’elles soient déformées, endommagées, ou que des tiers non autorisés y aient accès ». Et cette exigence est d’autant plus grande qu’ils gèrent des données particulières, dites sensibles par la loi, en l’occurrence des données à caractère personnel faisant apparaître les opinions politiques des personnes.
(Rappelons qu’en sens inverse, l’accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données est une infraction réprimée par le Code Pénal).

L’internet, meilleur ennemi des politiques ?

Apparemment, ces négligences ou erreurs ne sont pas nouvelles.

Ainsi le site Zataz rapporte dans cet article "Les politiques sur Internet: à blogs ouverts", publié le 14 décembre 2006 et signé D.B., plusieurs failles de sécurité que ses lecteurs ou sa rédaction ont constatées depuis plusieurs mois dans les sites de l’UMP, du PS et même du FN, ou le blog de Dupont-Aignan. Il était ainsi possible, d’accéder à des données personnelles de modifier les pages de sites ou d’écraser des données.

En avril 2006, un mail auquel été annexé par erreur deux fichiers Excel contenant 3594 noms adresses, mails, numéros de téléphones d’adhérents de la section jeune de Paris avait été envoyé par erreur (sur Zataz du 8 avril 2006).

Plus récemment, le 24 novembre, c’est une première version du discours d’investiture de Ségolène Royal qui avait été envoyée par mail par erreur à une centaine de journalistes (mais, comme le suggère le blog de Netpolitique ICI, certains soupçonnent une fausse fuite destinée à tromper on ne sait trop qui d’ailleurs)

Comme le note ironiquement le site Zataz, « l’internet serait-il le meilleur ennemi des politiques ?» Ceux-ci, écrit D.B., « parlent beaucoup de cette possibilité de s'exprimer sur la toile. De ce lien direct entre eux et les Français ». Mais lorsque des internautes ou des journalistes spécialisés alertent les responsables informatiques des sites politiques sur des problèmes de sécurité, ceux-ci manquent singulièrement de réactivité.

On parle curieusement assez peu de cette affaire sur les blogs.
Deux liens néanmoins :
- Ce billet de Bertrand Lemaire, Sarkofaille et socialofaille, qui rappelle le précédent de l’affaire Tati versus versus Kitetoa.com (le site Kitetoa ayant été poursuivi pour avoir rendu publics les problèmes de sécurité du site Tati).
- Ce billet sur Agora Vox, L’UMP à la recherche des adhérents perdus, (tellement centré sur l’UMP qu’il en oublie presque que les même problèmes existent au PS).

Illustration: fichier Excel des adhérents jeunes de l'UMP (depuis le site Zataz)

Addendum du 20 décembre: Voir la réaction du PS sur le le blog du secrétariat national aux TIC qui apporte des précisions importantes. Bravo pour cette réactivité. En revanche, pas de réaction, à ma connaissance, du côté de l'UMP.

mardi 12 septembre 2006

Comment suivre la campagne 2007 sur le net (1) : les sites d’info indépendants

Comme en 2002, de multiples sites d’information indépendants (i.e. non liés à un média ou à un portail) et non partisans (ne soutenant pas explicitement un candidat) sont apparus sur le net.
En voici une première liste, non exhaustive, brièvement commentée en fonction de mes préférences.

  • Election-presidentielle.fr : ce site qui souhaite proposer un éclairage original sur 2007, est actuellement l’un des plus complets (sans doute parce qu’il s’appuie sur une équipe d’une dizaine de personnes animée par Yves-Marie Cann, chargé d’étude à l’IFOP). On y trouvera des informations sur l’actualité, les règles et l’histoire de l’élection présidentielle, les candidats et les programmes des partis, les sondages. A noter également une très riche revue du web ainsi qu’une revue des blogs (qui, elle, n’est pas à jour). Bonne liste de liens, quoique incomplète (mon blog n’y figure pas !). Erratum : Après nouvelle consultation, la liste des liens est extrêmement fournie. Et même mon blog est référencé (en plus avec un commentaire ), mais en Rubrique "blogs citoyens", d’où mon erreur. Dommage que seuls les liens de cette rubrique soient commentés (jamais content le gars…).
  • Présidentielle-2007.net : Site très similaire au précédent, quoique un peu moins riche. On y trouvera une rubrique questions-réponses sur le déroulement de l’élection, une revue du Web par fil RSS. Une rubrique originale : la campagne en images (détournées), pour l’instant essentiellement produites par un certain Erby Kezako. On notera que ce site respecte très strictement les recommandations de la CNIL en matière de protection de la vie privée.
  • Présidentielle 2007 : Le blog de Laurent de Boissieu, journaliste à La Croix. Par delà les billets sur l’actualité de la campagne, il faut surtout aller visiter les liens sur les précédentes élections présidentielles qui renvoient en fait vers le très portail France Politique, sur lequel Laurent a stocké de très nombreuses données sur les élections et la vie politique, et notamment des tableaux et graphiques bien fichus sur les résultats.

  • Sondages 2%7 : Un blog original qui s’efforce de commenter tous les sondages relatifs à la présidentielle ainsi que les discussions sur les sondages. On peut retrouver les billets passés par rubriques thématiques : intentions de vote, profil du président, primaires du PS, etc. Seuls regrets : les billets sont assez brefs et n’étudient pas les résultats dans leur détail ; on aurait aimé un lien vers les résultats complets (disponibles le plus souvent sur les sites des instituts de sondage).
  • Observatoire Présidentielle 07 : ce site, conçu par les amis de l’Université technologique de Compiègne, propose le désormais célèbre Tendençologue qui permet de connaître le nombre de news, de billets de blogs ou de posts dans les forums de discussion dont les candidats ont fait l’objet. On peut comparer plusieurs candidats et obtenir les chiffres sur les 30 derniers jours ou par mois depuis décembre 2005.
  • Buzz-blog : Ce blog, très similaire au précédent, propose une mesure hebdomadaire des billets de blog publiés sur chacun des candidats (mais je n’ai pas compris ce qu’était l’IBBP - Indice Buzz Bblog Politique – pourquoi est-il inférieur à l’IBB de Sarko ou Ségo ?). Apparemment, on ne peut pas comparer les candidats. En revanche, et c’est très pratique, on dispose grâce à un fil RSS des titres des billets récemment publiés sur chaque candidat.
  • Objectif Présidentielle 2007 : Essentiellement un blog de revue de l’actualité, centré sur les déclarations de personnalités politiques ou autres relatives à la course à l’Elysée. On appréciera le design sobre et élégant.
  • Viepolitique.fr : Très proche du précédent (revue de l’actualité, beau design). Ce site, et non blog, propose une rubrique intéressante « Communication politique » dans laquelle on trouvera des fiches claires et plutôt bien documentées sur le déroulement des précédentes campagnes présidentielles de 1965 à 1981, parfois agrémentés d’illustrations (notamment quelques affiches des précédentes campagnes).
  • Et toujours :
    -
    le Blog de Netpolitique. Ce blog, contrairement à d’autres, ne suit pas l’actualité de la campagne au jour le jour. Par contre, il propose des analyses plus générales et souvent très fines sur les utilisations politiques de l’internet. De plus, du fait de son ancienneté, il permet de mettre en perspectives les pratiques actuelles.
    - Le blog Place de la démocratie, qui lui aussi propose des analyses au long cours et très lucides de l'internet politique et citoyen. On y trouvera un précieux Répertoire des blogs politiques, sous la forme d'un Wiki (ce qui signifie que chacun peut l'enrichir et le compléter).
Deux remarques pour terminer :

- La publicité, souvent sous forme de liens sponsorisés et même de bannières, est très présente sur certains de ces sites. On comprend bien que maintenir un site ou un blog exige des ressources financières, et cela d’autant plus qu’on est qu’un simple particulier. Néanmoins, ces publicités sont parfois préjudiciables à la mise en page des sites et à leur lecture dans la mesure où leur positionnement est mal ou pas contrôlé (ex. du blog Netpolitique). De plus, ces publicités tendent à parasiter ou contredire le message citoyen des sites en question.

- Mais qui parle ? Seulement quelques sites ou blogs donnent des indications précises sur leurs auteurs. Là encore, on comprend bien qu’il n’est pas toujours possible de dévoiler son identité (par exemple lorsqu’on a une activité professionnelle parallèle). Néanmoins, quelques éléments sur les concepteurs ou rédacteurs des sites seraient bien utiles.

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jeudi 7 septembre 2006

Internet et la présidentielle 2007 en 7 questions

2007 : la première vraie net-campagne ?

- C’est en 2001, lors des élections municipales, que le terme de net-campagne est apparu en France, bien qu’alors l’utilisation électorale de l’internet fût très modeste (moins de 1% des listes en présence avaient ouvert un site).

- En 2002, tous les candidats avaient un site, mais ceux-ci étaient très divers : de la quasi-affiche électronique, figée et non interactive, d’Arlette Laguiller aux applications sophistiquées (animation Vouzémoi) de Lionel Jospin. Les plus populaires ont compté au mieux 20 000 visiteurs par jour et, au total, environ 1,5 million d’électeurs a consulté un site relatif à l’élection durant la campagne ou les soirs de l’élection. On se souvient également que, durant l’entre-deux tours, l’internet a connu une intense activité (notamment sous la forme d’échanges de mails et de sites anti-le Pen proposant affiches et bannières).

- On pourra, à mes yeux, véritablement parler de net-campagne seulement lorsque l’internet:

  • constituera une dimension importante, sur le plan stratégique et budgétaire, des campagnes des candidats ;
  • sera une source d’information significative pour un grand nombre d’électeurs ;
  • deviendra l’un des principaux lieux du débat électoral ;
  • et aura un réel impact sur la définition de l’agenda électoral.


Comment les candidats utiliseront-t-ils l’internet ?

Des premières informations rendues publiques par les équipes de campagne on peut percevoir les tendances suivantes :

- Les sites Web les plus évolués se présenteront comme de véritables ensembles multi-média offrant textes, images (ex : vidéos des meetings ou des spots officiels de campagne), sons (ex : discours publics), documents en téléchargement (ex : tracts ou argumentaires, bannières de soutiens), applications de dons en ligne, éventuellement des jeux ou des applications interactives. La plupart devrait proposer des inscriptions à des newsletters ou à des fils RSS.

- Autour de leur site Web principal (souvent appelé site amiral), les candidats vont s’efforcer de favoriser, notamment en proposant des plate-formes d’hébergement gratuites, la création de deux ensembles de blogs : les blogs des comités de soutien officiels ou ceux de personnalités ou d’organisations explicitement affiliées au candidat ; les blogs d’individus ou de groupes supporteurs mais néanmoins indépendants. Ce dispositif à trois couches est lié en partie à des contraintes juridiques (que j’expliquerai peut-être un autre jour).

- Le recours au marketing par mail est incertain. Si celui est autorisé par la législation, il nécessite le consentement préalable des personnes visées (fichiers dits opt-in – la CNIL recommandant même, à la suite du Sarko-spam, que le caractère politique de la prospection soit clairement mentionné) et celles-ci doivent pouvoir s’opposer à l’utilisation de leur adresse mail. Par delà la difficulté technique de se procurer des fichiers opt-in absolument sûrs, le marketing direct ne fait pas partie de la culture électorale française, qui sépare assez strictement la sphère privée et la sphère publique.

- Les liens sponsorisés. L’UMP a clairement indiqué qu’elle aurait recours à cette technique en achetant des liens sponsorisés (aussi bien relatifs au débat en cours que des noms propres), notamment sur Google . L’équipe de Ségolène Royal semble plus prudente, mais devrait s’y mettre néanmoins, en tout cas pour des mots liés au débat électoral. Normalement, cette pratique devrait cesser trois mois avant le scrutin puisque le code électoral interdit alors la publicité politique par voie de presse ou tout moyen de communication audiovisuelle (quoique ce dernier terme soit ambigu et l’on pourrait arguer q’il ne concerne pas l’internet).

Comment les citoyens utiliseront-ils l’internet ?

Pour l’instant, l’internet reste encore une source d’information très secondaire lors des campagnes électorales.

- En 2004, lors des élections régionales ou européennes, seulement 12% des internautes français (6 à 7% des électeurs) se sont servis de l’internet pour s’informer sur ces campagnes (d’après les enquêtes réalisées par le CEVIPOF).

- Aux Etats-Unis, les enquêtes réalisées par le Pew Center montrent que si 30 % des électeurs américains ont utilisé l’internet pour s’informer sur la campagne de 2004 (contre 18% en 2000), le profil de ce public reste assez typé : plus diplômé, jeune, urbain et aisé que le reste des électeurs.
Lors de la campagne américaine, les principales utilisations de l’internet ont été : la documentation sur les positions des candidats (54% des internautes ayant consulté des sites électoraux), l’envoi de plaisanteries au sujet de l’élection par mails (51%), l’information sur l’action passée des candidats (32%), la consultation de sondages en ligne (28%). Moins de 10% des internautes ont participé à des discussions sur l’internet et seulement 6% ont effectué des dons en ligne.

- En 2007, on peut penser que 15% à 20% des électeurs français (30 à 35% des internautes) se serviront de l’internet pour s'informer sur la présidentielle. Néanmoins, l’internet souffre d’être perçu comme un média peu fiable. Selon la 1ere vague du baromètre politique du CEVIPOF, seulement 12% des électeurs font confiance à l’internet comme première ou seconde source d’information (contre 65% pour la télé), les 18-25 ans et les plus diplômés étant ceux qui ont le plus confiance dans l'internet.

La fin des médias traditionnels ?

- La télévision restera le principal médium de la campagne électorale.
Chaque jour 75% des Français regarde un JT . La télévision est le médium le plus universel et touche des individus de tout âge et de toute condition sociale. La télévision sera donc le vecteur privilégié par les candidats d’autant plus que la législation française leur donne un accès quasi-automatique (et gratuit) aux chaînes de télévision (voir sur ce blog mon billet à venir sur le pluralisme politique à la télévision) et qu’en outre, dans les 3 mois de la campagne précédant le mois du scrutin (donc à partir du 1er janvier 2007) , la publicité politique par voie de presse ou d’affiches commerciales est interdite. Enfin, depuis 2004, le CSA a assoupli les règles relatives au format des émissions de la campagne officielle télévisée : on devrait voir à cette occasion des spots politiques très sophistiqués, ressemblant à de la publicité politique télévisée.

- Quant à la presse écrite, même si sa diffusion est déclin, elle reste l’une principales sources d’information des responsables politiques ainsi que des journalistes et blogueurs.
Au demeurant, les quotidiens et hebdomadaires d’information sont tous présents sur l’internet et leurs sites Web figurent parmi les sites les plus visités (voir ICI l’audience internet en juillet 2006 sur le site de Médiamétrie)

- Les médias traditionnels sont également le lieu principal du débat politique : c’est d’abord par interventions dans les radios ou dans le JT, ou par tribunes et interviews dans la presse écrite que les candidats échangent des arguments et débattent.
Ce sont encore eux qui, en grande partie, définissent l’agenda des campagnes, c’est à dire les sujets autour desquels se structure le débat électoral.

Quelles seront les autres applications de l’internet ?

En 2007, comme c’était le cas en 2002, on trouvera à côté des sites des candidats, des médias et des institutions, des dizaines de sites indépendants relatifs à l’élection, conçus par des associations à vocation citoyenne, des agences web ou de communication, ou de simples individus. Ces sites seront de quatre sortes :

  • sites- guides offrant des données générales sur l’élection (son histoire, la réglementation, les candidats en présence, etc.) complétées les plus souvent par un suivi de l’actualité. (Voir ICI sur ce blog une liste de quelques sites-guides parmi les plus intéressants) ;
  • sites de commentaires et discussions: le plus souvent sous la forme de blogs; mais aussi quelques sites s'efforçant de structurer de façon plus formelle des débats (et dont je reparlerai plus tard);
  • sites-outils: offrant des applications permettant de comparer les programmes de candidats (notamment en utilisant des techniques de visualisation), ou les sondages en cours - sites de pronostics ou de simulation électorale; je range également dans cette catégorie des sites destinés à élaborer des propositions ou à transmettre es revendications aux candidats;
  • sites satiriques, proposant des imitations de sites officiels, des jeux et, de plus en plus, des détournements d’affiches, de photos, de sons ou de vidéos (facilités par la numérisation des données).


Quel rôle pour les blogs ?

Les blogs constituent une forme d’expression et de discussion politique nouvelle mêlant communication verticale et horizontale. Extrêmement simples à créer, ils démocratisent la publication en ligne. Mais par delà l’effet nouveauté et l’attention que leur portent les médias, quelle est au juste leur influence dans le domaine politique ?

- Les blogs politiques sont très peu nombreux (sans doute quelques milliers) au regard des millions de blogs du type journal, plus ou moins intime, ou des blog centrés sur un hobby.

- Pour une part , les blogs reproduisent (en les rendant toutefois plus visibles) des conversations politiques qui ont toujours eu lieu en famille, entre collègues de bureau ou copains de fac, voire entre inconnus au café du coin ou dans un taxi.

- Très peu de blogs politiques apportent de l’information fraîche et inédite et la plupart (y compris celui-ci!) commente ou retraite des informations publiées par les médias traditionnels. En cela, les blogueurs apparaissent comme des leaders d’opinion plutôt que comme des journalistes... même en pyjama (voir ICI mon billet : Les blogueurs, nouveaux journalistes ?).

- Toutefois, comme on l’a vu lors des élections américaines en 2004 à l’occasion de l’affaire des documents Killian présentés par CBS (dite aussi affaire Rathergate), les blogs pourraient jouer un rôle critique lors de la campagne en vérifiant, grâce à l’expertise collective de leurs animateurs et lecteurs, certaines des informations diffusées par les candidats ou les médias.

Quels effets de la net-campagne sur l’élection ?

Dire que l’internet n’aura pas d’influence à terme sur la politique, ce serait comme si, en 1960, on disait que la télévision n’allait avoir aucune incidence sur la communication électorale. Mais les effets de l’internet sur les comportements politiques sont difficiles à évaluer car ils sont diffus, lents, et sans doute contradictoires.

- Les enquêtes réalisées sur le sujet suggèrent que l’internet tend à améliorer l’information des citoyens les plus et mieux etinformés ainsi qu’à activer et à renforcer les dispositions politiques pré-existantes des individus. L’internet servirait surtout à prêcher et à mobiliser les électeurs déjà intéressés par la politique et convertis. Et c’est d’ailleurs dans ce sens que les candidats semblent vouloir l’utiliser en 2007. En 2002, d’après le sondage sortie des urnes réalisé par la SOFRES à l’issue du 1er tour, le vote des internautes a été quasiment identique à celui de l’ensemble des électeurs (le vote Le Pen étant toutefois un peu plus faible chez les internautes, ce qu’on peut expliquer par la sociologie particulière de cet électorat qui est plus âgé et plus populaire, i.e. moins internaute).

- L’usage de l’internet en soi (c’est à dire de façon générale, sans intérêt particulier pour les sites citoyens) affecte peu le rapport au politique. Ainsi, bien que désormais 70% des 18-34 ans utilisent assidûment l’internet (selon Médiamétrie 2006), leur tendance à l’abstention n’a pas diminué. Lors du référendum de 2005, et alors même qu’un intense débat avait eu lieu sur le Web, seulement 57% des 18-34 ans (d’après le SSU Ipsos) ont voté (un taux de participation voisin, voire inférieur, à ceux qu’on observe pour cette classe d’âge depuis une vingtaine d’années).

Ce texte, ou des extraits de ce texte, peuvent être librement reproduits à condition d'en mentionner l'origine et l'auteur.

lundi 1 mai 2006

La nouvelle communication syndicale

En cette journée de fête du travail, qui commémore l’action entreprise le 1er mai 1886 par des ouvriers américains pour la journée de 8 heures, un regard sur les nouvelles formes de la communication syndicale à partir du cas de Wal-Mart aux Etats-Unis.

Avec un chiffre d’affaires de 312 milliards de dollars en 2005, la chaîne de super-marchés Wal-Mart est une des plus grandes entreprises américaines et le premier distributeur mondial avec plus de 3800 points de vente aux Etats-Unis et 2600 dans le reste du monde. Connue pour ses bas prix, elle est régulièrement critiquée pour sa politique de bas salaires et l’insuffisance de la couverture sociale qu’elle offre à ses 1,8 millions d’employés. Elle s’est constamment opposée à l’implantation de syndicats au sein de ses établissements.

Incapables de mener leur action selon le schéma traditionnel, deux confédérations syndicales, la Service Employees International Union (SEIU) et l’United Food and Commercial Workers International Union (UFCW) ont décidé depuis un peu plus d’un an de mettre en œuvre une nouvelle stratégie de communication dans laquelle l’internet joue un rôle important.

En avril 2005, l’ UFCW a créé WakeUpWalMart.com et engagé une campagne de communication dirigée par Paul Blank, qui fut directeur politique de la campagne d’Howard Dean en 2004. Le site comprend non seulement des informations sur Wal-Mart (notes d’information et argumentaires, revue de presse, rapports et enquêtes, témoignages d’anciens employés), mais aussi de nombreux outils et conseils pour mener ce que les anglo-saxons appellent une grass-roots campaign : il encourage les Américains à rejoindre un groupe local et propose un large répertoire d’actions à mener aussi bien auprès de la population, que des médias ou des élus (rubrique Take action). Cette action, qui réplique la stratégie de mobilisation mise en place par Howard Dean en 2004 en utilisant Meet-up, s’accompagne d’une campagne publicitaire sur les écrans de télévision (dont on trouvera les principaux spots ICI) . Actuellement, plus de 226 000 américains auraient apporté leur soutien.

La campagne de la SEIU s’appuie elle sur le site Wal-Mart Watch. Disposant d’un budget d’un million de dollars, elle est animée par une équipe de 36 personnes et fait appel à des consultants politiques comme le Démocrate Jim Jordan, campaign manager de John Kerry en 2004, mais aussi le Républicain Terry Holt, un des porte-parole de la campagne de Bush-Cheney en 2004. Ce dernier justifie son engagement ainsi: “Wal-Mart is giving capitalism a bad name. It’s lost touch with its small-town roots and has become a company that is depending on corporate welfare ... and an all-too-cozy relationship with China. (Source: Associated Press, 23 avril 2006).

Le site apparaît plus sobre, mais peut-être plus offensif que celui de l’UFCW et présente l’action contre Wal-Mart comme une bataille (the Battle-Mart), avec un plan d’attaque, des sites-cible, une liste des victoires enregistrées et un florilège des meilleures tactiques à partir d’exemples réels.

L’offensive syndicale est toutefois affaiblie par la concurrence entre les deux campagnes menées en parallèle, qui reflète davantage une rivalité organisationnelle (l’UFCW appartient à l’AFL-CIO et la SEIU à une confédération rivale) qu’un véritable désaccord de fond. Bien que leurs objectifs et leurs méthodes apparaissent très similaires, les deux organisations ont parfois davantage tendance à se critiquer mutuellement qu’à combattre Wal-Mart.

Pour contrer cette nouvelle forme d’action syndicale, Wal-Mart emploie les grands moyens. Elle a créé une War Room, sur le modèle de celle de Clinton pour sa campagne électorale de 1992, pour coordonner sa communication. Elle a fait appel à plusieurs conseillers en communication parmi lesquels les Républicains Michael Deaver et Terry Neslon (directeur politique de la campagne Bush-Cheney en 2004) mais aussi le campaign strategist Démocrate Leslie Dach. A côté du site officiel, Wal-Mart Facts, conçu pour rétablir la vérité sur Wal-Mart et mobiliser les employés de la firme, Wal-Mart a également suscité la création d’une organisation Working Families for Wal-Mart (présidée par Andrew Young, figure démocrate bien connue de la communauté black et ancien maire d’Atlanta et ambassadeur américain à l’ONU), qui a mis en place un site web recherchant, à l’instar des sites syndicaux, le soutien de la population.

Connue pour ses relations difficiles avec la presse, elle a organisé pour la deuxième fois en un an, une media conference les 18 et 19 avril pour présenter ses activités et dire aux journalistes qu’elle les aimait.
Suivant l’exemple d’autres compagnies comme General Electric, Wal-Mart a également intégré ls blogs dans sa stratégie de communication, comme le rapporte cet article du New-York Times du 7 mars 2006 : certains blogueurs reçoivent des informations ou documents inédits, des suggestions de thèmes ou des arguments, ou encore des invitations à visiter le siège de l’entreprise. Et ça marche, puisque divers blogueurs ont été vivement critiqués par leurs collègues pour avoir reproduire les arguments de Wal-mart sans citer leur origine.

La communication de Wal-Mart repose enfin sur ses ressources financières. Le 22 mars 2006, elle a fait un don de 1 million de dollars à la Martin Luther King Jr. National Memorial Project Foundation. A l’approche des mid-term elections de 2006, elle multiplie les contributions aux candidats de tous bords. Manque de chance, Hillary Clinton, qui avait pourtant fait partie de son conseil d’administration, a refusé le chèque de 5000 dollars que Wal-Mart lui avait envoyé en vue de sa réélection en indiquant qu’elle avait désormais de « serious differences with current company practices ».

Trois enseignements du cas Wal-mart

Le cas Wal-Mart est intéressant car il fait apparaître trois tendances actuelles de la communication politique aux Etats-Unis:

  • la professionnalisation de la communication syndicale, qui s’accompagne du recours à des conseillers en communication choisis davantage pour leur savoir-faire et leur expertise techniques que leurs orientations politiques ;
  • la confusion croissante entre les registres de la politique et de la consommation qui transparaît également dans l’émergence d’un consumérisme politique (consommateurs choisissant les enseignes dont ils sont clients en fonction des politiques – sociale, environnementale, droits de la personne, etc. - de ces enseignes) ;
  • la montée du lobbying astroturf, (terme inventé par opposition à grassroot, l'astroturf étant de la pelouse synthétique) qui caractérise les actions menées par de grandes entreprises en vue d’influencer les politiques publiques et se présentant sous la forme (souvent artificielle et trompeuse) d’une mobilisation du public.

Pour aller plus loin sur le lobbying Astroturf:
Lyon T. P. et Maxwell J. W. (2004). "Astroturf: Interest Group Lobbying and Corporate Strategy". Journal of Economics & Management Strategy. Vol. 13, n° 4, Winter, pp. 561-597.

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dimanche 29 janvier 2006

Les blogueurs, nouveaux journalistes ou nouveaux leaders d'opinion?

A l'occasion de son Congrès extraordinaire de Lyon ce week-end, l'UDF a invité des blogueurs. J'en faisais partie, mais n'ai pas pu me rendre à Lyon pour des raisons matérielles. Il semble que deux blogueurs non-UDF étaient finalement présents: Nicolas du blog Versac et Valerio Motta du blog du même nom. Auquels s'ajoutent quelques blogueurs UDF (voir une liste sur le forum de l'UDF ICI) sans compter les journalistes professionnels qui ont aussi des blogs (dont Laurent de Boissieu). Voici quelques réflexions que m'inspire cette initiative.

A Lyon, les blogeurs ont été assimilés à la presse: accès à la salle réservée aux journalistes, mêmes privilèges et même badge que ceux-ci. Pour autant, les blogueurs sont-ils des journalistes, fût-ce-t-il d'un nouveau genre?

"J'ai l'impression d'être une sorte d'imposteur, de grain de sable dans la machine bien huilée de l'information, où tout est rôdé, et suffisamment préparé pour que tout se passe bien, dans la routine, et avec professionalisme. Mon amateurisme est bien ma seule différence pour l'instant" nous dit Versac.
"Je suis ici un citoyen journaliste amateur, libre dans le ton et dans la forme. Aucune règle déontologique ne s'applique pourtant à moi. Ca viendra. Les techniques préexistent toujours aux usages. L'audience est encore limitée et l'influence modeste. Ca bougera." écrit Valerio Motta.

Quant à Laurent de Boissieu, journaliste à La Croix mais aussi blogueur (il a également collaboré aux activités du CEVIPOF), il est plus critique. Outre la question de la sélection des blogueurs, il s'inquiète sur son blog Présidentielle 2007 de "l'éventuel détournement de cette nouvelle accréditation en sous-journalisme. Un weblog et un article de presse ne relèvent en effet pas de la même démarche. Des journalistes (à commencer par moi) utilisent parfois la forme du weblog sans en respecter l'esprit "journal" au sens "journal personnel" et non "journal d'informations". Aux blogueurs de ne pas suivre le (mauvais) exemple en ne cherchant pas à s'improviser journalistes !"
(Vous pouvez même voir et entendre les trois discutant ensemble ICI).

Il y a quelque cinquante ans, Paul Lazarsfeld et Elihu Katz proposaient le modèle de la communication à deux étages (two-step flow model). S' appuyant sur des enquêtes réalisées lors des élections de 1940 et de 1948 aux Etats-Unis, Lazarsfeld et Katz constataient que les informations que les électeurs recevaient des mass-médias étaient médiatisées par leurs relations sociales. Dans certains cas, on pouvait même observer un processus à double étage: les informations difusées par les médias étant d'abord reçues par des leaders d'opinion, ceux-ci les relayant au reste de la population au cours de conversations interpersonnelles.

Lazarsfeld et Katz notaient que ces leaders d'opinion présentaient deux caratéristiques particulières: ils étaient de gros consommateurs de médias; ils étaient reconnus comme des personnes d'influence au sein de la communauté à laquelle ils appartenaient (dans la théorie originale, le terme de leader d'opinion ne s'applique pas à ce que nous désignons souvent comme tel aujourd'hui, par exemple une personnalité scientifique intervenant dans les médias, mais uniquement aux personnes qui jouent un rôle de guide dans un groupe social dont elles font partie intégrante).

Il me semble que les blogueurs du Congrès de l'UDF, et plus généralement les quelque dizaines de blogueurs dont les billets sont les plus lus, sont aujourd'hui une nouvelle sorte de leaders d'opinion plutôt qu'une nouvelle sorte de journalistes.
Comme dans la théorie de Lazarsfeld et Katz, ils se caractérisent par leur forte consommation des médias et ce sont des personnes sur-informées par rapport à la moyenne. Ils relaient et discutent des informations (plus qu'ils ne les produisent) auprès d'une communauté de lecteurs avec qui ils entretiennent, via des commentaires, des conversations (et même lorsqu'on ne commente pas un blog, il me semble que la lecture d'un blog s'inscrit dans une logique de conversation imaginée et de confrontation d'opinions). Enfin, et surtout, ils tirent leur influence de ce qu'ils ressemblent à leurs lecteurs.

Crédits:
Photo 1 (Congrès UDF sous la neige): Versac
Photo 2: (Salle de presse du congrès): Valerio Motta
Katz Elihu et Lazarsfeld Paul. Personal Influence: The Part Played by People inthe Flow of Mass Communications. Glencoe (Ill.): Free Press, 1955.

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mardi 1 novembre 2005

Sarkozy, premier blogué de France?







Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur, et donc premier flic de France, va-t-il devenir aussi le premier blogué de France ? Petite promenade parmi les blogs anti et pro Sarko.









QUELQUES BLOGS ANTI SARKO

  • Sarkostique dont j’ai déjà parlé ICI se présente comme « le Sarkozy blog officiel satirique » et se situe quelque part entre le Canard enchaîné et Charlie-Hebdo.
  • Sarkozypresident 2007 a été créé par un blogueur très énervé par le sarko-spam. Il propose plein d’animations, un t-shirt anti-sarko et une plutôt bonne revue de presse/de blogs sur l’actualité anti-Sarko.
  • Tropicalboy a ouvert le blog sarkozix et se spécialise dans les images ou affiches détournées sur Sarko (l'image ci-dessus est un échantillon de ses talents).
  • Dans sarkozynews, on trouve aussi de nombreuses images de Tropicalboy, mais aussi une revue de presse et des billets d'humeur anti-sarko.
  • Le sarkosident 2007, lui, verse plutôt dans le détournement anti-Sarko de unes de journaux.
  • Antisarko.net est une section particulière du site re-so.net (créé par des « réformistes et solidaires », mais aussi socialistes et européens) dont j’ai déjà parlé ICI. Sobre (et même élégant), et sérieux.
  • Addendum du 15 nov: le WUMP qui regroupe "des rappeurs mobilisés au-delà de tout clivage par un même idéal, une même foi dans le défoulement musical en résistance à la violence d' Etat", propose un site dont l'organisation est calquée sur celle du site de l'UMP. Musique et discours plutôt radical, (accessible aussi en langage texto ICI !)
Il y a aussi ceux qui surfent sur la vague anti-Sarko, tel le groupe Sarkophage, de l’UMP (Union Mondiale des Punks), où l'on parle finalement assez peu de Sarko.


QUELQUES SITES PRO-SARKO

Sarko n’a pas de blog officiel (ou officiellement de blog), mais beaucoup d’amis qui en ouvrent pour lui.
  • Ses plus vieux amis sont sans doute ceux du Sarkozy Blog qui annonce qu’il dira « Tout sur Nicolas Sarkozy » (vraiment ?) et a le grand mérite d’avoir été ouvert dès mai 2004.
  • Sarkozynicolas.com est un site web, qui ressemble à un blog. Aux couleurs de l’UMP, ce blog suit l’actualité de Sarko. Les mêmes ont également créé un forum sarkozy, pas très fréquenté. A noter un lien vers le camp d’en face (en l’occurrence le blog sarkozix).
  • Encore des amis de Sarko sur Ensemble pour faire de Nicolas Sarkozy notre prochain président. Là, il s’agit plutôt d’organisateurs puisqu’on vous propose de créer un groupe dans votre ville, doté de sa propre URL (du type marseille.poursarkozy), qui se réunira tous les premiers jeudi de chaque mois. Une quinzaine de groupes locaux existent début novembre. [Un certain teoden, l’organisateur du blog,recommande également ceci : « Les forums politiques sont comme des marchés le dimanche. On peut y rencontrer des gens, parler politique et recruter des soutiens. Aller sur les forums et inviter les participants à rejoindre notre site sarkozy.affinitiz.comest une action de mobilisation politique très utile. Car une fois sur notre site, ces soutiens seront susceptibles de s'engager plus avant." Teoden recommande "d'investir" 3 forums, ceux du Figaro et du Monde, mais aussi le forum politique de jeuxvideo.com]
Les blogs des amis de Nicolas devraient se multiplier puisqu’une plate-forme dénommée blog militant (bien fichue et au joli design) a été mise en place pour permettre aux militants et sympathisants de l’UMP de créer et héberger leur blogs. Cette plate-forme propose des conseils et même un forum support.
Du coup, c’est bien pratique pour ranger certains blogs, en apparence neutres, comme le blog Critique constructive de l’action de Sarkozy que je rande dans les pro-Sarko du fait de son appartenance à la mouvance blogmilitant.
(Par les mêmes, il y a aussi le site web cybermilitant, qui propose, outre les infos traditionnelles, des annuaires sur les élus et fédérations de l’UMP et divers outils militants - bannières, logos et même des extraits des musiques entendues lors des meetings de l’UMP).

ENTRE LES DEUX?

Entre les anti-Sarko et les pro-Sarko, pas beaucoup de blogs.
  • J’ai quand même trouvé ce Sarkoloose, qui nous allèche en nous proposant de découvrir « Pourquoi Sarko va perdre son pari d’accéder à la présidence ». Mais attention, ce blogueur, qui veut rester anonyme dit n’être « ni pour, ni contre Sarkozy, bien au contraire ». Pour avoir une bonne idée de son style, on peut lire son billet du 19 octobre sur « Fallait-il parler d’Anne Fulda sur les blogs ? (voilà, c’est fait !) et celui qui précède sur la même affaire.
  • Enfin, ce blog sobrement intitulé Sur Sarkozy , qui rassemble des liens vers des articles et autres ressources sur Sarko (et dont l'auteur me dit que je ne devrais pas le considérer dans l'entre-deux - voir son commentaire).
Au total, on l'impression que les anti-sarko font plutôt dans le genre satirique alors que du côté des pro-Sarko on investit de façon méthodique l'internet.


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dimanche 9 octobre 2005

Présidentielle en tous genres

Nous sommes à 18 mois de la prochaine élection présidentielle et les sites web, partisans ou indépendants, ainsi que les blogs, officiels ou officieux, consacrés à celle-ci se multiplient. Il ne sera pas facile d'en faire l'inventaire exhaustif, mais j'essaierai quand même d'en tenir une petite chronique sur ce blog.

www.presidentielles-2007.org (sans l'accent!)
Parmi les nouveaux sites récemment apparus, une dépêche de l'AFP du 7 octobre à 20h08 nous apprend la naissance de "www.présidentielles-2007.org, lancé Jérôme Rivière, député UMP des Alpes-Maritimes. (...) Ce site se propose de participer à une plus grande transparence des parrainages à la prochaine élection présidentielle en incitant les citoyens à demander à chaque élu local le nom de son filleul".
"Chaque électeur trouvera sur notre site une série de lettres téléchargeables à destination des élus qui ont le pouvoir de signer une liste de présentation d'un candidat. Ils n'ont plus qu'à l'imprimer et à l'envoyer à leur élu pour demander des comptes", explique Franck Viano, rédacteur en chef du quotidien internet d'information locale Nice Première et concepteur du projet au côté du député Jérôme Rivière (UMP).
L'électeur trouvera également sur le site l'ensemble des dispositions législatives sur le parrainage des candidats à la présidentielle mais également un formulaire que l'internaute, une fois la réponse des élus obtenue, pourra adresser à la presse locale.
"L'idée est née du constat que la législation actuelle sur les parrainages est floue et peut prêter le flan à la polémique, comme en 2002. La publicité des parrainages n'intervient qu'une fois l'élection passée et de façon incomplète", observe encore M. Viano.
Actuellement, seuls les noms de 500 parrains tirés au sort sont publiés au Journal officiel. Cinq cents est le nombre minimum, mais il est largement dépassé par la plupart des candidats. Pour prendre connaissance de l'ensemble des signatures, il faut se rendre au Conseil constitutionnel. Pour Franck Viano, qui précise ne pas être du même bord politique que M. Rivière, le lancement de www.présidentielles-2007.org n'est en rien une "démarche politique" mais un outil de "lobbying citoyen".[Fin de citation de la dépêche AFP]
Petite visite du site (que je n'ai pas trouvé immédiatement car l'URL mentionnée par l'AFP comprenait par erreur un accent - il me semblait pourtant qu'il était désormais possible d'utiliser des URL avec accent): c'est sobre et succinct. Les objectifs du site - qui se présente comme un observatoire national des parrainages - sont très brièvement indiqués, beaucoup moins bien que dans la dépêche AFP. Et absolument rien sur les gens qui sont à l'origine de cette initiative.


Pages d'accueil de presidentielles-2007.org (sans l'accent!) et de presidentielle-2007.net

www.presidentielle-2007.net: A vendre!
Dans la famille présidentielle-2007, voici maintenant le blog www.présidentielle-2007.net. A part les couleurs bleu-blanc-rouge, très différent du précédent. Lancé en juin 2005, ce blog, conçu par des gens "plutôt, voire franchement, à gauche", se propose de suivre la campagne en proposant des infos (et une image quotidienne) sur l'élection, les candidats et leurs programmes, l'actualité de la campagne au jour le jour. Pour l'instant, seule cette dernière rubrique est vraiment fournie, les autres étant un peu maigrelettes.
En me baladant sur ce blog, une rubrique, intitulée A vendre, m'a intrigué. "Tout a un prix, y-est-il écrit, Presidentielle-2007.net aussi !"Vous êtes un mouvement, un parti politique, un candidat, un site d'actualité? L'achat de Presidentielle-2007.net vous assurera une excellente visibilité sur le net. Beaucoup plus efficace et moins cher qu'un spot TV ou qu'une campagne d'affichage". Et si vous achetez le nom du site, on vous offrira en cadeau les noms presidentielle-2007.org et présidentielle-2007.info.
On croyait être sur un blog de citoyens soucieux de participer au débat politique et on s'aperçoit qu'on a affaire à des marchands...

vendredi 7 octobre 2005

Ségolène m'écrit ! (mais pas Nicolas)

Depuis fin septembre, des milliers d'internautes (plus de 300 000 paraît-il) ont reçu un mail de Nicolas Sarkozy, premier essai de e-marketing politique à grande échelle en France.
Cela a ému pas mal de monde. On peut lire à ce sujet
l'article du 27/09 de Libération qui explique l'opération ICI et, surtout, l'enquête très approfondie de Bertrand Lemaire sur le blog de Le Monde informatique LA
qui s'interroge sur sa légalité au regard de la législation anti-spam en vigueur depuis la loi sur la confiance dans l'économie numérique du 21 juin 2004 (voir la fiche réalisée par la Commission nationale Informatique et libertés PAR LA).


Le sarkospam et une image prise sur http://segolene.hautetfort.com

Bon, moi, je ne dois pas être dans les "bons fichiers", car je n'ai rien reçu de la part de Nicolas. En revanche, Ségolène, elle, m'a écrit:

"Bonjour, bonsoir,
Voulez-vous vous instruire et participer à la vie politique de notre pays ?
Ce blog est fait pour vous. http://segolene.hautetfort.com
Vous ne voulez pas en entendre parler? Vous êtes outré(e) par ce mail que vous jugez "rentre dedans"? Surtout écrivez le moi. Vous serez instantanément banni(e) de cette liste et vous ne recevrez plus jamais aucun message des animateurs, ni pour votre anniversaire, ni à Noël, jamais.
Vous le regretterez très vite, je le sais, mais ce sera trop tard. Sauf, évidemment, si vous conservez ce mail, "au cas où". Je vous comprends, ça m'horripile de recevoir des messages non sollicités.
Un dernier mot: le blog http://segolene.hautetfort.com, l'adresse mail segolene2007@gmail.com, tout ça n'a rien à voir avec l'équipe de Ségolène Royal, ni elle, ni personne. C'est juste moi, et quelques amis, qui avons décidé de nous battre pour qu'elle devienne notre prochaine Présidente de la République, qu'elle le veuille ou non.
Bien à vous,
Kissykol
de l'équipe de http://segolene.hautetfort.com"

J'ai jeté un coup d'oeil: c'est marrant et plutôt bien fait. Et, confirme une tendance apparue dès l'élection présidentielle de 2002: l'internet favorise des approches plus ludiques de la politique. Ce qui me semble être une bonne nouvelle, non?

mercredi 6 juillet 2005

Blogs et politique : on en parle

Sur le blog place de la démocratie, déjà signalé ICI sur mon blog, une recension d'une soixantaine de blogs politiques (essentiellement des "blogs partisans" tenus par des élus ou membres des grands partis). On attend avec impatience la recension des blogs politiques non partisans.

Sur le blog Politique et Web, tenu par Nicolas, consultant en communication Web, un bon suivi de l'activité des politiques sur le web (en plus, il cite d'excellents auteurs!!!).

Sur le blog de Loïc Lemeur, une rubrique est consacrée aux blogs et à la politique.

Sur le blog-note de Jérôme Charré deux rubriques à signaler: l'une consacrée à la citoyenneté et à la démocratie, l'autre à la politique.

Sur le blog Darjeelink, une société de conseils en stratégie Web, Alexis Perrier propose une première tentative de topologie des blogs politiques.

Le blog du Club de l'Hyper-République, qui regroupe autour de Pierre de La Coste des passionnés de l'internet politique de tous bords, a été très actif durant la campagne sur le référendum.

Enfin, le blog de netpolitique , complété par le site web du même nom, est extrêmement riche et offre une très bonne couverture des utilisations politiques de l'internet aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne.

ADDENDUM DU 8 juillet:

[Cup of Tea] Blog
de Joël Ronez (par ailleurs animateur du blog du Secours populaire ), qui traite de communication, de l' internet et d'autre babioles (dont assez souvent de politique).

Montoulouse
, blog qui, pour changer la vie veut changer la ville, animé par Christophe Léguevaques et son association Actions citoyennes à Toulouse, plutôt socialo, on dirait.

Ce n'est qu'un début: continuons le débat!
MERCI DE ME SIGNALER LES BLOGS POLITIQUES QUE VOUS CONNAISSEZ.