vendredi 15 août 2008

Etoiles filantes

Le mois d'août est le mois des étoiles filantes.

Pour cogiter un petit peu, tout en contemplant la voie lactée allongé sur l'herbe encore tiède de la chaleur de la journée, une petite question (onto-)logique:

Si l'on pose que l'univers est infini, peut-on dire qu'il y a une chance qu'existe quelque part dans l'univers une forme de vie analogue à l'une de celles que l'on trouve sur la terre?


lundi 11 août 2008

La loi des séries


Après la survenance d’un accident ou d’un événement dramatique, les médias remarquent parfois que d’autres accidents ou événements du même type se produisent dans les jours ou semaines qui suivent. Ils évoquent alors une loi de séries, comme si tout à coup le malheur arrivait par grappe. Il semblerait qu’une force funeste fasse se crasher plus que d’ordinaire les avions commerciaux (août 2005), pousse soudain des chiens à attaquer mortellement des enfants (juin 2006), provoque une épidémie d’altercations violentes entre des enseignants et leurs élèves (automne 2007), ou conduise des parents à oublier leur bébé dans leur voiture (juillet 2008).
Mais ce que nous croyons être une série n’est dû qu’à notre façon de mal observer la réalité et le résultat de diverses erreurs de perception, ou biais cognitifs dans le langage savant. En voici quatre parmi les plus courants.

1) L’effet d’amorçage.
Lorsqu’un événement très spectaculaire se produit et suscite une certaine émotion, notre attention pour ce type d’événement est momentanément aiguisée. Ce biais nous affecte tous, mais il touche particulièrement les journalistes dans leur sélection des nouvelles. Ainsi, les médias nationaux s’intéressent en général peu à la quarantaine d’accidents de passage à niveau qui ont lieu chaque année. Mais si l’un d’entre eux est particulièrement médiatisé (en raison de ses circonstances, du nombre de victimes, voire même parce que l’actualité était creuse à ce moment là), les médias vont faire davantage attention aux dépêches rendant compte d’autres accidents de ce type, alors que ces dépêches auraient été jetées à la poubelle en temps normal.
(Accessoirement, les médias aiment d’autant plus l’idée d’une loi des séries qu’elle leur permet de transformer un événement en problème de société).

2) Le biais de confirmation (très proche du biais précédent et qui le renforce).
Pour tester la validité nos connaissances, croyances ou idées, nous avons généralement tendance à rechercher des éléments qui les confirment, et non pas des éléments qui les contredisent. Si, par exemple, nous sommes convaincus qu’il y a un réchauffement climatique, nous allons être enclins à la fois à davantage remarquer et mieux retenir les signes qui confirment ce phénomène, et à négliger bien d’autre signes qui le relativisent.

3) L’incapacité à évaluer correctement les statistiques.
Nous avons souvent du mal à interpréter correctement les probabilités, notamment parce que nous oublions la taille de la population de référence. Même si un événement a une probabilité d’occurrence extrêmement faible, il a des chances de se produire si on le rapporte à une population très nombreuse. Par exemple, en jouant à pile ou face, la probabilité d’obtenir pile dix fois de suite est de 0,0009765625 (1/2 à la puissance 10), grosso modo une sur mille. Mais, si des millions de personnes jouent en même temps à pile ou face, la série pile dix fois de suite se réalisera des dizaines de fois.

4) L’attente excessive d’étalement.
Nous avons tendance à penser que des événements aléatoires doivent se répartir de façon étalée et à peu près équidistante dans le temps. Or, par définition, le hasard n’est soumis à aucune règle. Par exemple, si nous effectuons de très nombreux tirages aléatoires de douze dates dans une année, il arrivera très souvent que plusieurs de ces dates ne soient éloignées que de quelques jours. (Sur 100 000 tirages, la moyenne des écarts minima entre deux dates sera de 2,65 jours alors qu’intuitivement beaucoup d’entre nous penserait qu’elle serait voisine de 25-30 jours).
Toutefois, à certaines époques de l’année, il y a bien une plus grande fréquence d’événements d’un type particulier … parce que ces événements sont liés aux caractéristiques d’une période (le climat ou la chaleur dans le cas des bébés oubliés dans les voitures ; l’augmentation du trafic aérien lors des vacances dans le cas des crashes d’avions charters, etc.)

Pour aller plus loin :
Gérald Bronner, Coïncidences. Nos représentations du hasard. Paris : Vuibert, 2007.
(Gérald Bronner, maître de conférences en sociologie à Paris IV, s’attache depuis de nombreuses années à déchiffrer les logiques de nos croyances).
Jean-Paul Delahaye, Les inattendus mathématiques. Paris : Belin, 2006 (d’où sont issus les chiffres sur l’attente excessive d’étalement).

samedi 9 août 2008

jeudi 7 août 2008

La rubrique Grain de sel


Grain de sel: c'est le titre d'une nouvelle rubrique que vous trouverez de temps à autre sur ce blog.

L'intitulé n'est pas très original, et l'expression a parfois une connotation péjorative. Comme le rappelle ici l'excellent blog Linguapop, à ceux qui veulent mettre leur grain de sel, on est souvent tenté de dire: occupe-toi de tes oignons.

Pour moi, il s'agira de prendre l'expression au pied de la lettre. Comme on ajoute un tout petit peu de sel dans un plat pour en exalter le goût, j'essaierai de conjuguer parcimonie et saveur ajoutée et d'apporter le plus possible de sens en un minimum de mots.

mardi 29 juillet 2008

Y-a-t-il une loi des séries?


Multiplications des alertes dans les centrales nucléaires, accidents mortels aux passages à niveau, bébés oubliés dans des autos, incidents sur des avions de la compagnie Quantas...
Y-aurait-il une loi des séries?

Vous le saurez en lisant ce blog à partir du 4 août,
et tout particulièrement ce billet.

lundi 28 juillet 2008

(ré-) Ouvert pour cause de congés payés

Incroyable, mais vrai...
Alors que, le mois d'août approchant, il devient de plus en difficile de trouver une boulangerie ouverte à Paris, alors que des panneaux "Fermé pour congés payés" apparaissent sur des milliers de vitrines, le blog reprend ses activités.

Réouverture officielle le dimanche 4 août 2008
(avec une épatante nouvelle rubrique Grain de sel).


mercredi 9 janvier 2008

La suppression de la publicité sur les chaînes publiques en 7 questions

"Je souhaite donc que le cahier des charges de la télévision publique soit revue et que l’on réfléchisse à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques qui pourrait être financé (sic) par une taxe sur les recettes publicitaires accrues des chaînes privées et par une taxe infinitésimale sur le chiffre d’affaire de nouveaux moyens de communication comme la téléphonie mobile et l’accès à Internet.

Voilà une révolution qui, en changeant le modèle économique de la télévision publique, changera du tout au tout la donne de la politique culturelle dans la société de communication qui est la nôtre".
Nicolas Sarkozy, Conférence de presse du 8 janvier 2008.


1) Une annonce inattendue, mais une vieille idée (de gauche)
L’annonce de NS a été une surprise et dans les débats actuels sur le financement de l’audiovisuel, on envisageait plutôt une augmentation des ressources publicitaires des chaînes publiques. En témoigne d’ailleurs cette dépêche boursière du 8 janvier à 9 h43 : UBS abaissait sa recommandation sur TF1 d'acheter à neutre, ainsi que ses objectifs de cours sur TF1 et M6, la banque estimant que les perspectives publicitaires des chaînes étaient moroses.

Mais supprimer toute publicité sur les chaînes publiques n’est pas un projet nouveau, et c’est même un vieux projet de gauche.
- En 1989, Michel Rocard, alors premier ministre, souhaitait mettre en œuvre cette réforme en la finançant notamment par une taxe de 3% sur l’ensemble des investissements publicitaires, médias et hors-médias. (MR vient de déclarer ce matin que François Mitterrand avait refusé cette réforme sur le conseil de son ministre des Finances, Pierre Bérégovoy, qui pensait quelle entraînerait à terme une hausse de la redevance et donc de l’inflation).
- En septembre 1999, une centaine d’intellectuels et de professionnels de l’audiovisuel (dont Pierre Bourdieu) signaient une lettre ouverte proposant une suppression totale de la publicité sur France Télévision.
- En 2002, à la suite des travaux d’une commission présidée par Jean Martin, diverses sociétés d’auteurs dont la SACD, la SCAM et la SRF, s’étaient également prononcées pour la suppression de la publicité.

2) Le modèle britannique: un bon modèle?
Parmi les grandes chaînes publiques de télévision en Europe, seule la BBC fonctionne aujourd’hui sans publicité. Mais le financement de la BBC reste problématique et fait l’objet de constants débats depuis plus de vingt ans (cf. le rapport Peacock de 1985). Si la BBC parvient à fonctionner c’est grâce à une redevance élevée (135,50£ actuellement avec une augmentation régulière planifiée jusqu’à 148£ en 2012) et grâce aux ressources qu’elle tire de la vente de programmes et de services (20% de son budget en 2007, la redevance représentant 74%, le reste provenant de dotations budgétaires). Le BBC Trust mène depuis plusieurs années une politique de réduction de ses coûts. Enfin, la programmation de la BCC a été souvent critiquée au cours des dernières années, notamment pour ne pas prendre assez en compte les besoins de la population.

Si la Grande-Bretagne nous fournit un exemple intéressant, c’est moins celui de la BBC que celui de Channel Four dans sa première version (1982-1990). Cette chaîne alors sans publicité et entièrement financée par les autres chaînes privées du réseau ITV avait la mission de proposer une programmation alternative en visant notamment les minorités de la société. Et pendant ses dix premières années, elle a fait preuve d’une grande innovation et liberté créatrice.

3) Une bonne nouvelle pour les télévisions privées ?

Qui va profiter des investissements publicitaires qui vont aujourd’hui aux chaînes publiques ?
- Une partie seulement de ces investissements va se reporter sur d’autres vecteurs. Ce qui intéresse surtout un annonceur à la télévision, c’est de toucher la plus grande audience possible (notamment aux heures de grande écoute). Investir davantage sur TF1 ou M6 ne sert à rien si on ne peut toucher les téléspectateurs qui regardent France 2 au même moment.
- TF1 et M6 ont des espaces publicitaires limités par la règlementation (6 mn en moyenne journalière avec un maximum de 12 mn par heure). Certes, elles pourront augmenter leurs tarifs, mais il faudrait que la demande pour leurs écrans augmente elleaussi. Or, dans un contexte de crise économique larvée, les annonceurs tendent actuellement à réduire leurs budgets publicitaires grands médias.
Pour que TF1 et M6 puissent bénéficier de façon optimale de la suppression de la publicité sur les chaînes publiques, il faudrait augmenter le plafond horaire moyen autorisé par jour (voire le supprimer, comme le permet la directive TSF) et autoriser une seconde interruption publicitaire durant les films (voire une troisième puisque la directive TSF autorise une interruption toutes les 35 mn pour un film).

Si report il y a, il se fera sans doute vers les nouvelles chaînes de la TNT, l’internet et sous la forme d'un retour vers la presse écrite et la radio (qui ont vu leurs ressources publicitaires baisser ou stagner du fait de l’ouverture de la publicité télévisée aux grands distributeurs).
Il n'est pas sûr que TF1 et M6 en profitent à plein.

(On peut constater qu’après avoir spectaculairement bondi le 8 janvier (TF1 est passé de 16,5 à 18,36 à la clôture), les cours de ces deux sociétés ont baissé presque dans la même proportion aujourd’hui 9 janvier).

4) Comment financer la manque à gagner pour l’audiovisuel public ?
Les recettes publicitaires de France Télévision avoisinent les 840 millions d’euros. Où et comment trouver l’équivalent de cette somme?

Les taxes :
- La taxe sur « les recettes publicitaires accrues des chaînes privées » est la première solution envisagée par NS (on notera au passage le très ambigu « accrues » : l’assiette de la taxe portera-t-elle sur toutes les recettes ou seulement sur leur éventuelle augmentation à venir). Mais celle-ci ne pourra couvrir au mieux qu’une partie du manque à gagner, sauf à fixer un taux excessivement élevé.
Question en suspens : inclura-t-on dans l’assiette de cette taxe les autres médias susceptibles de bénéficier de la suppression de la publicité à la télé ? (Cela m’étonnerait qu’on veuille énerver la presse écrite avec cela).
- La taxe sur les chiffre d’affaires des opérateurs de téléphonie mobile et les FAI: là, il y a de quoi faire si l’on considère le chiffre d’affaires des opérateurs de téléphonie mobile (autour de 17 milliards d’euros) et leurs marges bénéficiaires confortables. En revanche, ce n'est peut-être pas une bonne idée de taxer les FAI si l’on veut encourager la diffusion de l’internet.
Si je fais une estimation à la louche : le chiffre d’affaires cumulé des chaînes de télévision privées, des opérateurs de téléphonie mobile et des FAI se situe entre 23 et 25 milliards d’euros. Il faudrait donc taxer à 3,5 ou 4%.

Augmenter la redevance :
Cette option est pour l’instant écartée par l’entourage de NS (cf. l'intervention à Europe 1 ce midi de son conseiller spécial, Henri Guaino, qui a joué un grand rôle dans le concept de politique de civilisation, dont la suppression de la publicité fait partie). Mais elle m’apparaît inéluctable (et on peut compter sur le lobbying des acteurs économiques : à service public, financement public).

Une réduction du budget l’audiovisuel public:
Si l’on ne veut pas taxer trop lourdement les opérateurs privés et si l’on ne veut pas augmenter la redevance, c’est la troisième possibilité qui m’apparaît, elle aussi, inéluctable (et l’exemple de la BBC va dans ce sens).
Elle peut prendre la forme d’une politique de réduction des coûts au sein de chaque chaîne publique, d’un regroupement de chaînes au sein du groupe France télévisio, ou - plus explosif et pour l’instant politiquement difficile - d’une "réduction du périmètre de France Télévisions" comme on dit, c’est à dire de la privatisation d’une de ses chaînes.

5) Moins de publicité, donc de meilleurs programmes ?
C’est le raisonnement implicite non seulement de Nicolas Sarkozy mais aussi de tous ceux qui dans le passé ont adhéré à ce projet.
Ce raisonnement fonctionne en fait en deux temps : Pas de la publicité, donc pas de course à l’audience; pas de course à l’audience, donc possibilité d'une programmation plus volontariste poursuivant des buts élevés.
Mais ces deux relations, surtout la première, sont loin d’être évidentes :
- La suppression de la publicité sur les chaînes publiques ne va pas nécessairement abstraire celles-ci de la logique de l’audience. Les taux d’audience ne sont pas seulement des indicateurs économiques servant à maximiser les ressources publicitaires; ce sont aussi des indicateurs politiques qu’on utilise (à défaut d’autres) pour mesurer la réponse à «la demande» ou la satisfaction des «attentes» des téléspectateurs. Même sans publicité, les chaînes publiques (du moins F2 et F3) chercheront toujours à toucher des audiences significatives pour établir leur légitimité et démontrer qu’elles sont utiles au public et font du bon travail. Que dirait-on de France 2 si, aux heures de grande écoute, elle n’était regardée que par moins d’un million de téléspectateurs ?
- La programmation d’une chaîne de télévision n’est pas seulement fonction des taux d’audience que peuvent réaliser ses émissions : elle dépend aussi de la réglementation et des contraintes imposées par les pouvoirs publics en matière de programmation et de production.
- Enfin, une chaîne publique qui n’aurait pas d’objectifs d’audience ne sera pas forcément une chaîne de qualité. Cela dépendra d’abord des moyens financiers dont elle dispose et ensuite des talents de ceux qui la font.

NB: Les liens des références seront bientôt mis en ligne.

A venir:
6) Vers une plus grande dépendance de l’audiovisuel public à l’égard du gouvernement.
7) Qu'est-ce que le service public dans l'audiovisuel?

lundi 31 décembre 2007

Amoureuse non-encore médiatisée

En faisant le ménage dans les fichiers de mon ordi, (préparation à un changement de portable - grosse opération riche de petites leçons sociologiques, et même carrément épistémologiques, sur lesquelles je reviendrai - plus que bonne résolution pour 2008), je retrouve ce mp3 d'une chanson assez étrange de Jérôme Minière, Amoureuse non-encore médiatisée. Et comme le hasard a toujours un sens, je vous propose d'en écouter un bout (cliquez juste en dessous sur la flèche verte du lecteur mp3):

NB: Si vous ne voyez pas le lecteur mp3 juste dans la ligne en dessous (une flèche verte, deux bouton puis une bande grise), merci de me l'indiquer en précisant: quelle version de navigateur vous utilisez; quel logiciel audio vous utilisez (Window Media Player, Real Player, Quick Time, etc.): si vous avez bien avez bien le Flash player installé.


Amoureuse non encore médiatisée par jérôme Minière

Jérôme Minière, né à Orléans et désormais établi au Québec, est un artiste éclectique. Peut-être parce qu'il a du mal à s'accommoder au monde qui l'entoure, il créé de petits univers ironiques. Après avoir commis quelques albums personnels, plutôt intimistes mais aussi assez électroniques, il est désormais engagé dans le projet Herri Kopter (dont le slogan est Le client est notre roi). Ca promet.


[Art work by Herri Kopter]

Une belle et douce année 2008 pour vous et tous ceux que vous aimez et/ou qui vous aiment.

dimanche 23 décembre 2007

Valence, l'hiver

I don't want a lover, just to be seen in the back of your car

Je veux pas un amant, juste qu’on me voie à l’arrière de ton auto. Anton, un jour, lui avait envoyé un lettre dans laquelle il avait écrit en exergue cette phrase, tirée d’une vieille chanson des Smiths. Il trouvait qu’elle exprimait bien la relation ambi­guë qu’il en­tretenait avec Andréa, la façon qu’elle avait d’être avec lui sans l’être complète­ment.

L’auto roulait lentement dans les rues de Valence. A l’arrière, Andréa regar­dait les gens qui déambulaient sur le trottoir. A un moment, du côté de la Place Alfonso el Magnánimo, la voiture a dépassé un couple qui s’embrassait. L’homme était appuyé contre un mur. La femme était assise sur une vespa et le tenait par le col du veston. Andréa sentit une bouffée de tris­tesse l’envahir. Elle aurait tant voulu qu’un homme l’embrasse comme cela. L'auto-radio diffusait une drôle de chanson, un peu jazzy. What did Gillepsie do…, to help you? Elle reprit le refrain en essayant d’imiter la ma­nière du chanteur. Mais qu’a donc fait Gillepsie (très vite)…, pour m’aider (lente­ment)?


L’avion pour Paris était en retard. Dans la salle d’embarquement, une hô­tesse expliqua qu’il neigeait en France et qu’on attendait que les pistes de l’aéroport soient dégagées. On décollerait probablement dans une heure disait-ellle. Andréa savait par expérience que l’attente serait plus longue et elle regretta de ne pas s’être promenée davantage dans la ville. Elle aimait beaucoup la douceur de Valence, l’hiver. Elle repensa au couple à la vespa et, de nou­veau, elle se sentit triste. L’image d’une petite fille, en robe à carreaux vi­chy qui, sur un balcon, attachait les lanières de ses sandales lui revint. Andréa se dit qu’elle n’aurait jamais d’enfant et elle se mit à pleurer.


A lire en écoutant Salted slug de Winter Family
Salted Slug by Winter Family

mercredi 19 décembre 2007

L'amour, hum hum



L'amour, hum hum, j'en veux pas
J'préfère les temps en temps
Je préfère le goût du vent
Ou le goût étrange et doux de la peau de mes amants
Mais l'amour, hum hum, pas vraiment !

(Carla Bruni, Quelqu'un m'a dit, Naïve, 2002)


Tout est dit, non?
Une vidéo de la chanson interprétée en concert PAR LA

On peut écouter aussi ici La chanson de Maglia de Serge Gainsbourg

samedi 8 décembre 2007

C'est reparti ! (enfin presque)

Après une longue période de léthargie, le blog va reprendre ses activités.

Ou plus exactement, je vais réactiver mon blog (j'aimerais bien que mon blog écrive tout seul, mais malgré toutes les merveilles du Web 2.0, il faut encore que je lui donne des idées).

Pour l'instant, j'essaie de récupérer toutes les mises en forme et liens que j'ai perdus du fait de "la mise à niveau" de mon blog sur la plateforme blogger. Et c'est vraiment du boulot, aussi passionnant que quand on change d'ordi.

Eh, oui: les sauts technologiques, censés simplifier la vie ou la rendre plus belle, commencent toujours par la compliquer! C'est le fameux paradoxe de la productivité (1): bien que depuis cinquante ans, on n'arrête pas de s'équiper en machines et réseaux de plus en plus puissants, on ne travaille pas beaucoup plus vite. Le temps que allons gagner en efficacité, nous commençons par le perdre en apprentissage et en adaptation.

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(1) "You can see the computer age everywhere but in the productivity statistics". Solow, Robert M. (1987). We’d better watch out. New York Times Book Review (July 12), p. 36.
Pour une discussion un peu ancienne (1998), mais toujours d'actualité, ce papier de Jack E. Triplett, The Solow Productivity Paradox: What Do Computers Do to Productivity? (PDF). Voir en particulier le point 6.